‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 96 sur 167 · SONNET CXXXVIII · texte numérisé non relu

SONNET CXXXVIII

Lu soir nous cheminions tous deux sur le rivaue. L'air était calme et pur. Au repos de la nuit Le vent n'entremêlait nul incommode bruit, N'apportait sous l'azur nul sinistre nuage.

Et celui dont la voix exalte mon courage Me dit : Regarde, ami, ce beau ciel qui nous luit. C/est là, si le malheur s'obstine et nous poursuit, Que des empêcliements notre esprit se dégage.

Nous parlâmes alors des sublimes espoirs, Et nous vîmes tomber un coin des voiles noirs Où s'éclipse à nos yeux l'éternelle lumière ;

Et nous sentant ainsi monter d'un vol pareil. Nous comprimes, joyeux, que notre heure dernière Nous ravirait ensemble au terrestre sommeil.

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