CHEF DU PREMIER BUREAU DES COMMUNES
AD MINISTERE DE l'iNTÉrIECR.
Un vol. in-S", avec 48 Planches
représentant les principaux personnages historiques.
Prix : 3o francs.
prospectus.
(5vî!^E titre de cet ouvrage fait assez connaître qu'il ne s"'agit pas ici d''une brochure de circonstance. On ne s'attendra donc point à y trouver une de ces compilations indigestes dont l'unique mérite est d'arriver à propos et de re'pondre à la question du jour. Nous conviendrons, toutefois, que cette production n'est rien moins qu'étrangère aux ëve'-
iiemens qui se préparent, et qu'elle peut y puiser un intérêt assez vif pour ne pas laisser tout Thonneur du succès à Testime qu^imbitionne Tauteur.
En quel temps, en quels lieux, et dans quelles circonstances ont ete' sacres les s"oixante-six rois qui ont régné sur la France? En quoi consistent Tordre , la pompe et les particularités de cette cérémonie ? Comment sY règlent, le choix, le nombre, la préséance, le costume et la place des personnes appelées à concourir ou simplement admises à ce magnifique spectacle? Voilà ce que tout le monde sait, ou du moins ce que chacun peut apprendre dans des livres connus et qui ne manquent point.
Tel nVst pas non plus Fobjet des recherches que nous offrons à la curiosité publique. L'histoire des sacres existe. L'auteur des nouvelles Recherches n'a point prétendu la refaire, et il était au-dessous de lui de la copier. Son intention, comme il l'annonce dans sa préface, était moins encore de reproduire tous les détails du cérémonial, et de rassasier de minutieuses descriptions, un lecteur qu'il aime à supposer plus curieux de faits et de critique. Il a essayé ce qui lui a paru n'avoir point été fait. Il a cru voir la matière d'un ouvrage neuf dans un sujet qui semblait épuisé.
C'est en déroulant à nos yeux le tableau de la vie publique et privée de nos pères; c'est en nous transportant , pour ainsi dire, au milieu de leurs comices, de leurs temples, de leurs fêtes, de leurs
reunions intérieures ou solennelles, que Tauteur re'pand une nouvelle lumière sur Forigine, Tesprit, la raison, nous dirons presque les mystères, d'une solennité, qui est à la fois Pacte le plus imposant, le spectacle le plus sublime et le reste le plus précieux de Tancienne monarchie. 11 ne dit pas, mais on voit qu'en prenant la plume, il s'est impose' l'obligation de répondre à toutes les questions que des témoins oculaires du sacre doivent naturellement se faire à eux-mêmes; et si c'est une témérité, nous pensons qu'elle lui a réussi.
— Faut-il croire que le Roi doi't^ comme on l'assure aux portes de son palais, quand la France et lareligion l'attendent aupied des autels? — Pourquoi ces emblèmes de tristesse dans un lieu où tout doit respirer le bonheur et la joie? — Avons-nous bien compris ces promesses exorbitantes , ce serment inhumain? — Où va donc cette haquenée montée par un religieux couvert du lin sacerdotal, qui a déjà franchi le seuil du sanctuaire? — Que signiHe cette camisole dont le monarque a paru affublé , cette longue robe blanche qu'il vient de dépouiller, cette chasuble qu'il va revêtir avec des bottines et des éperons? — Qu'y a-t-il de commun entre un lévite et un roi de France? — Pourquoi cette interpellation étrange , et le silence qui l'a suivie ? — Le droit de naissance aurait-il donc besoin d'être confirmé par l'onction divine ? — La nation serait-elle, en effet, consultée sur le choix de son
( 4 ) prince , et si ce consentement n''est pas nc'cessaire , pourquoi donc le demander ? — Quels sont ces ducs d^Aquitaine , de Normandie et de Bourgogne qui, le front couronne , se pressent autour du monarque ? Existe-t-il encore des souverains ou des pairs de ce nom ? Quelle main téméraire donna Tessor à cette nuée d'oiseaux qui voltigent dans le temple, et mêlent leur gazouillement aux concerts de Foroue et des clairons? Le roi très-chrétien communiant sous les deux espèces serait-il devenu sectateur de Luther ou de Calvin ? — Tout ce que nous voyons , enfin, n''est-il pointreffet d''un songe ou d\ine illusion ?
Non, toutes ces pratiques sont la conséquence directe des institutions et des coutumes de Page où elles sont nées. Quelqu''étranges et bizarres qu'elles nous semblent aujourd'hui , elles n'avaient rien, alors, que de naturel et de respectable. Elles n'ont pas même perdu tous leurs droits à notre vénération ; et VHistoire des cérémonies du Sacre satisfera désormais la raison, ainsi que la curiosité sur tous ces points.