EDOUARD VII
Otoi que l'Eternel vient d'appeler à lui En brisant sans merci ta si noble carrière, 0 toi par qui la paix sur la terre aura lvi, Tout un monde s'incline, ému, sur ta poussière.
De tous les points du globe on voit venir vers toi Ceux dont tu fus le roi moins encor que le père ; Et nous, d'un autre sang comme d'une autre foi, Nous regrettons la fin d'un règne si prospère,
Toi dont porte le deuil toute l'humanité,
Ton cœur ne battra plus pour les plus saintes causes
Ami de la concorde et de la liberté,
Aux paroles de paix tes lèvres se sont closes.
En ce moment suprême où l'on va déposer Ce qui reste de toi sous les voûtes du temple, Dans la crypte royale où tu dois reposer A tous tes successeurs sers à jamais d'exemple.
Toi qui fus de la France un ami précieux
Nous n'oublirons jamais, nous français d'Amérique,
Qu'un jour avec fierté, de la paix soucieux,
Tu maîtrisas l' effort de l'ogre germanique.
Oui, lorsque méditant le grand coup 'Agadir Il voulut la frapper d'un choc rapide et rude Convoitant le Maroc afin dé s'arrondir, L'Europe dut la paix à ta ferme attitude.
Tu ne seras plus là pour conjurer le sort
Alors que surgira la lutte inévitable,
Mais ton fils orgueilleux, s' inspirant du grand mort,
D'Albion montrera la force redoutable.
Et si jamais le sabre exécré du Germain S'aiguise sourdement pour asservir le monde Et mettre à sa merci l'Europe de demain, Que ta grande âme plane et sur terre et sur l'onde.