AURORE
Celait an point du jour. J'ai cueilli du jasmin Sous ta fenêtre aimée, à l'heure où tu reposes; Tous les oiseaux chantaient l'amour sur le chemin, Parmi le chèvrefeuille et les grands lauriers roses.
Oh! que j'aurais voulu du moins baiser ta main En partant! — Mais, hélas! tes portes étaient closes. 11 me faut maintenant attendre après-demain.... Et j'avais deux chansons toutes fraîches écloses !
Je te les donneiai, dormeuse, un autre jour ;
Pour un de tes baisers, le soir de mon retour.
En m'éloignant, j'emporte en mon cœur ton image :
Elle me suit partout. Déjà combien de fois M'n-t-clle fait rêver dans la plaine ou les bois.... — C'est égal. ::Ten aller sans te voir, c'est dommage
VEPRÉE
Il est au seuil de ma porte.
Un tilleul de deux cents ans.
Qu'il a vu passer de gens !
Mais nous passons tous; qu'importe?
Son ombrage hospitalier
S'étend sur moi. tonnelier.
C'est à mon tour! — La journée
Ou la tâche terminée,
Sous cet arbre je m'asseois
Jusqu'à minuit quelquefois.
Après souper, tout se range; On referme le buffet.
Ma femriie a si vite fait.
Surtout pendant la vendange ; Où, durant celte saison.
La joie est à la maison.
Chacun et chacune apporte Son siège devant la porte.
On cause, on rit. il faut voir!
Jusqu'à l'heure du bonsoir.