VÊPRÉE
Étendu sur uue chaise Dont le dossier touche au mur; Moi, quand le jour est obscur.
i>Je balançant à mon aise, Humant l'air, tout en rêvant.
Je fume ma pipe au vent.
Puis l'amitié, sous ma treille Vient vider une bouteille.
Une bouteille ou bien deux...
On trinque et l'on est heureux!
Ces temps sont des temps de fét< s
Pour nos pays à raisins.
On voit passer les voisins,
Avec chevaux et charrettes.
Portant, du matin au soir.
Les vendanges au pressoir.
— Vivent! vivent les automnes
Qui me font vendre mes tonnes;
Cette fois, j'ai gagne' plus
De trois cent cinquante écus !
De ina maison sur la route, Je veux faire un paradis!
l'embellirai mon logis.
Oui; tant pis. coûte que coûte !
20 t'ÉPRÉK.
O ma treille de muscats!
Voici maintenant le cas De rattacher ton treillage Pour soutenir ton feuillage; Et d'avoir, près des jasmins.
Une cabane à lapins.
— Je vais, pour ma femme Hélène.
(J'ai là mon argent tout prêt} Acheter, mais en secret.
Un beau jupon de f utaine Rouge comme un cabaret.
Elle aura son blanc bonnet Bordé de tine dentelle....
Je veux voir ma femme belle Pour ma fête, après-demain.
Mon patron, c'est saint Firmin \
Il faut une veste neuve A Jacquot, mon fils. — C'est lui Qui deviendrait son appui Si demain elle était veuve....
— La tristesse en mon cerveau Le perche comme un corbeau, Lorsque le nature est sombre.
Toute chose porte une ombre
VÊPRfiE. £1
— Eh! c'est l'effet de la nuit, L'église sonne minuit!
Bonsoir,, tilleul de ma porto, Ami du seuil des maisons, loi, qui vis tant de saisons !
Où sont les gens de ma sorte.
Abrités jadis par toi?...
Tu n'en sais pas plus que moi.
— Ah ! bah ! pour tous est la chance, l'espère en la Providence.
— La cigale chante encor....
Centrons, tout le monde dor!.
PENDANT LA XLÏT
L'autre nuit, dans une plaine Où le vent, de son haleine, Courbait l'herbe et les roseaux Je contemplais la nature, En écoutant le murmure De la brise sur les eaux.