‹ Chant et poésieChapitre 60 sur 81 · AMOUR DES (CANDEURS · texte numérisé non relu

AMOUR DES (CANDEURS

Quel funeste sort, C'est un peu trop fort!

— Ils m'appellent un vieux gueux Sans pitié' des malheureux, Spéculant sur les misères....

Bah! des propos de commères, Redis je ne sais pourquoi....

M'empêcheraient d'être, moi, Marguillier de la paroisse!...

Quelle angoisse!

Quel funeste sort,

C'est un peu Irop fort !

Quand on a granges, cellier, Ne pas être marguillier !

Quand on est propriétaire De quatorze arpents de terre!

Quand on a maisons, jardin, Ne pouvoir pas être enfin Marguillier de la paroisse?...

Quelle angoisse!

Quel funeste sort, C'est vraiment trop fort !

Toi qui n'es pas ma cousine, En vain tu me fuis, coquine, Afin de me chagriner; En vain tu me fais la moue.

Je m'en moque. — Sur la roue Vas au loin te promener !

La singulière voiture ; Digne de toi, je t'assure, Qui souvent manques de goût.

Sur l'onde, ton vrai symbole, Loue au moins une gondole ; Toi qui peux acheter tont.

— Alors que beaux de jeunesse, Nous t'implorons tous sans cesse, Tu ne sais que refuser.

Tu te donnes, folle (ille.

A plus d'un porte-béquille, Sans force pour t'embrasser.

Mais, puisque tu te hasardes, Monte donc dans les mansardes.

O fortune ! plus souvent ; L'hiver, quand la bise est forte, Tu calfeutrerais la porte Qui laisse passer le vent.

C'est dans un coin solitaire,

En but à toute misère,

Que plus d'un penseur grandit.

Là, chaque chose est bien sombre..,.

Mais souvent l'œuvre dans l'ombre,

Pour l'avenir resplendit.

Comme un renard sous la treille, Voyant la grappe vermeille, Trouve les raisins trop verts : Je te méprise, fortune !

Mais je te garde rancune ; A me ne'gliger, tu perds !

Quoi ! tu n'as donc nulle honte ?

Depuis le temps que je monte Au haut de chaque escalier....

Sans pitié pour ma paresse, D'accepter quelque richesse Tu ne viens pas me prier?

Pour agir de cette sorte, Si tu heurtes à ma porle,

Je ne te rouvrirai pas.

Va-t'en chez tous ceux que j'aime, Et s'ils te traitent de même :

Au diable porte tes pas!

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