‹ Chant et poésieChapitre 61 sur 81 · MÉLANCOLIE · texte numérisé non relu

MÉLANCOLIE

Il vient un jour où l'homme ouvre les yeux, et doute Si le bien est le mal, si le mal est le bien ; Il se demande alors s'il a fait fausse route, Et si l'art rayonnant est quelque chose ou rien.

Rien, il ne le croit pas; mais il courbe la tête ; Épuisé de la lutte, il s'abandonne au sort.... Il se résigne et dit : tempête sur tempête, Ma barque va sombrer, à quoi sert mon effort?

Chaque orage, en passant, emporte de ma voile: Pour la raccommoder, je n'ai plus de morceaux; Mon cœur n'a plus d'espoir, mon ciel n'a plus d'étoile. Comme une lampe pâle éclairant des tombeaux . Mon âme triste, attend que le jour veuille naître. Vous! qui croyez au jour d'un éclat tout nouveau: Quand donc cet œil de feu viendra-l-il n'apparaître, Et plonger ses cils d'or jusque dans mon caveau?

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