RONDE- BALLADE
Lui dit : .Mademoiselle, Qu'avez-vous à pleurer ?
J'ai laissé, lui dit-elle, Ma bague à l'eau tomber!
Ne pleurez pas la belle, Je vous aime, et la trouverai.
Pour cela, répond-elle, Oh! que je vous embrasserai!
Alors jetant sa veste, Sa veste sur le bord ; 11 plonge, et longtemps reste A chercher l'anneau d'or.
Quand il revint sur l'onde, Il dit : Ne désespérez pas ;
La rivière est profonde, Et votre bague, un peu plus bas.
Pierre, au pied d'une roche, Ayant trouvé l'anneau; A des algues l'accroche, En remontant sur l'eau.
L'anneau retombe... Et Pierre.
Le cœur plein d'espoir, dit encor,
A la belle en prière :
Vous aurez votre bague d'or.
RGNOE-BALLADB. i07
Il refouille l'abîme.
Mais efforts superflus :
De son amour victime, Pierre ne revint plus.
DE MA FENÊTRE A Montmartre
Minuit sonne à l'église. On dort et le coq chante. Les moulins de la butte à celle heure sont cois. Chacun d'eux sur le ciel, silhouette géante, Devant les horizons tient ses longs bras en croix. Ils sont là cinq de front, sombres sur un ciel sombre. L'aube, qui déjà pointe, essaie à percer l'ombre.
De distance en distance, on voit sur les hauteurs, Comme sur des gibets des lampes funéraires, Des carrefours nombreux les quelques réverbères Scintiller, yeux de feu qui dardent leurs lueurs. L'horizon clair obscur, découpe la montagne, Masse crépusculaire où s'étagent partout: Clos, jardins, arbres, champs, el maison de campagne D'où quelquefois un dogue aboie cncor. C'est tout.