‹ Chant et poésieChapitre 73 sur 81 · DE MA FENÊTRE · texte numérisé non relu

DE MA FENÊTRE

Ou bien, dans le lointain, un buveur en goguette, D'un morceau d'harmonie, un peu trop tard e'pris ; Répète le refrain chanté dans la guinguette; En détonnant ainsi qu'un joyeux homme gris. Il serpente au hasard, heurtant de la semelle Chaque pavé trop haut qu'il rencontre en chemin. Qu'importe? Il va toujours, en chantant de plus belle. Il est gai... c'est beaucoup. — Tant pis pour le voisin.

Malgré mai verdoyant, qui jonche son feuillage ; Il pleut depuis longtemps. Les nuages sont lourds; Le vent souffle du sud ; le temps est à l'orage. Tout est calme. Le vent apporte des bruits sourds ; Comme un bourdonnement confus de la grand'ville : Un chariot pesant qui lentement oscille, Ou le son cadencé du grelot argentin Du voiturier qui passe en dormant sur la route, Et ne s'éveillera que pour boire une goutte Au cabaret, ami posté sur son chemin.

Bonne nuit, voiturier, sois heureux dans ton rêve; Moi, qui suis éveillé, je n'en rêve pas moins. Suivons notre chemin chacun : quand il s'achève, Poète ou voiturier arrive aux mêmes coins. Voiturier, bonne nuit, et que Dieu nous conduise. Et puisse encor mon chant être un jour à ta guise. 6 mai 18h3. Avenue des Tilleuls.

. . On lui demanda, par dérision, de chanter! Le nain, triste, chanta cette chanson boiteuse :

Au beau soleil couchant, Mon chant Est doux Pour vous.

Aimez le plus que vous pourrez.

Après, Allez errer sur les coteaux; Regardez les champs, les hameaux,

Les prés.

Kt ne pensez jamais aussi

Ceci :

Que tout s'efface ou disparaît, Que tout bonheur laisse un regret.

Ainsi ;

Quand vous aurez quelque douleur,

Rêveur, Vous ouïrez au fond des bois ; Le vent dire, sonore voix ;

Erreur...

iô

Puis, un souvenir est encor

L'accord Que Ton écoute et que l'on suit, Comme le son triste, qui fuit

Du cor.

Au printemps où tout reverdit,

Sourit; Tout renaît, l'âme avec la fleur; Tout me console, et dans mon cœur

Me dit :

Si dans les forêts tout est noir

Le soir; Dans nos nuits comme dans nos jours, Ce qui resplendit est toujours

L'espoir !

Espérons! et nains harassés,

Blessés....

Nous irons où les vieilles tours Nous disent que sont leurs beaux jours

Passes.

— Salut ! ô coucher de soleil

Vermeil ; Jamais nul ne te reverra....

Jamais Dieu ne refera

Pareil.

Au beau soleil couchant, Mon chant Est doux Pour vous.

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