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ACTE DEUXIÈME. III

LA FAISANE

Mais il lient des propos qui sont fousl — Tu fais naître?.

CIlANTi; CLEH.

Ce qui rouvre la fleur, l'oeil, l'ànic et la fenêtre 1

Parfaitement! Ma voix dispense la clarté.

Et quand le ciel est gris, c'est que j'ai mal chanté!

LA FAISANE

Mais lorsque vous chantez en plein jour.-^

CUANTEGLEU.

Je m'exerce.

Ou bien, je jure au soc, à la bêche, à la herse, A la faulx, de remplir mon devoir d'éveiller.

LA faisa:?b.

Mais qui t'éveille, toi.^

La peur de l'oublier !

El crois-tu qu'à ta voix le moude entier s'inonde?...

CHANTECLER, simptement.

Je ne sais pas très bien ce que c'est que le monde : Mais je chante pour mon vallon, eu souhaitant Que dans chaque vallon un coq en fasse autant.

LA FAISANE

Pourtant...

CHANTECLER, remontant.

Mais je suis là, j'explique, je pérore. Et je ne pense plus à faire mon aurore!

LA FAISANE

Son aurore?

Ah! je tiens des propos qui sont fous? Je vais faire lever l'Aurore devant vous! Et je sens qu'aux moyens dont mon âme dispose Le désir de vous plaire ajoutant quelque chose Qui me fera chanter comme sur des sommets, Elle va se lever plus belle que jamais!

lia CIIANTECLER.

LA FAISANE

Plus belle?

Assurément! et de tout ce qu'ajoute De force à la chanson de savoir qu'on l'écoute, D'allégresse à l'exploit d'être fait sous des yeuxl

Et se plantant sur le tertre qui domine la vallée, au fond :

Madame ! . . .

LA FAISANE, le regardant se découper sur le ciel.

Qu'il est beaul

CIIANTECLER.

Regardez bien les cieuxl Ils ont déjà pâli? C'est que j'ai, tout à l'heure, Mis, par mon premier chant, le soleil en demeure D'avoir à se tenir derrière l'horizon I

LA FAISANE

Il est tellement beau qu'il semble avoir raison!

CIIANTECLER, parlant vers l'horizon.

Ah! Soleil! je te sens là derrière, qui bouges! Je ris déjà d'orgueil dans mes barbillons rouges!

Et, dressé sur ses ergots, tout à coup, d'une voix éclatante ;

Cocorico !

LA FAISANE

Que' souffle a gonfle son camail?

CIIANTECLER, vers l'Orient.

Obéis-moi! Je suis la Terre et le Travail!

Ma crête a le dessin couché d'un feu de forge,

Et je sens le sillon qui me monte à la gorge!

Il chuchote mystérieusement.

Oui, oui. Mois de Juillet...

A qui donc parle-t-il?

...Je vais le le donner plus tôt qu'au Mois d'Avril I

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