‹ ChanteclerChapitre 76 sur 157 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

LA FAISANE, écoulant toujours.

Un nid scinMc loinbc dans la pcllle iiic.

C il A M' E C I. E II , dont rùinolion grandit.

L'école.

LA FAISANE

Des lulins que je ne peux pas voir Se donnent des sourilcls dans de l'eau...

CIIANTECLEU.

Le lavoir I

LA FAISANE

Et, tout d'un coup, de tous les côtés, qui sont-elles Ces cigales de fer qui se frollent les ailes?...

G II A N r E c L E R , so redressant, plein d'orgueil .

Ah 1 puisque sur les faulx passent les affiloirs.

Les faucheurs dans les blés vont s'ouvrir des couloirs!

Les bruits augmentent et se mêlent : cloches, marteaux, battoirs, rires» chansons, grincements d'acier, claquements de fouets.

Tout travaille!... Et j'ai lait cela!... C'est impossible! Âhl Faisane, au secours! Voici l'instant terrible!

Il regarde autour de lui, avec égarement.

J'ai fait lever le jour... moi! Pourquoi.^ Comment.^ Où? Sitôt que ma raison revient, je deviens fou! Car moi qui crois pouvoir rallumer l'or céleste, Eh bien... ah! c'est affreux!...

LA FAISANE

Quoi donc?

Je suis modeste !

Tu ne le diras pas?

LA FAISANE

Non, mon Coq!

Tu promets?

— Ahl que mes ennemis ne le sachent jamais!

133 CIIANTECLER.

LA FAISANT, cmuo.

Cliantcclcr!

CIIANTECLER.

Je me trouve indigne de ma gloire.

Pourquoi m'a-t-on choisi pour chasser la nuit noire? Oui, dès que j'ai rendu les cieux incandescents, L'orgueil, qui m'enlevait, tomhe. Je redescends. Comment! moi, si petit, j'ai fait l'aurore immense? Et, l'ayant faite, il faut que je la recommence? Mais je ne pourrai pas! Je ne vais pas pouvoir! Je ne pourrai jamais! Je suis au désespoir! Console-moi !

LA FAISANE, Icndrement.

Mon Coq!

CHANTECLEn.

Je me sens responsahle.

Ce souffle que j'attends quand je gratte le sable Reviendra-t-il? Je sens dépendre l'avenir De ce je ne sais quoi qui peut ne pas venir! Comprends-tu maintenant l'angoisse qui me ronge? Ah! le cygne est certain, lorsque son cou s'allonge. De trouver, sous les eaux, des herbes; l'aigle est sûr De tomber sur sa proie en tombant de l'azur; Toi, de trouver des nids de fourmis dans la terre; Mais moi, dont le métier me demeure un mystère l]t qui du lendemain connais toujours la peur, Suis-je sûr de trouver ma chanson dans mon cœur?

LA FAISANE, l'enlourant de ses ailes.

Oui, tu la trouveras, oui!

CnANTECLEn.

Parle ainsi. J'écoule.

Il faut me croire quand je crois, pas quand je doute. Redis-moi...

LA FAISANE

Tu es beau I

CIIANTECLER.

ÎS^on, ça, ça m'est égal. .

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