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CHAPITRE XVIII

e duc d’Aumale avait trouvé dans l’héritage des Condé

1 ^ de grandes œuvres de bienfaisance parmi lesquelles l’hôpital Condé, à Chantilly, tenait une place importante ; cette maison devint l’objet de la prédilection et des attentions du prince. Pour cette raison et parce qu’elle est en quelque sorte partie essentielle de Chantilly, il nous semble intéressant de donner ici quelques détails historiques sur le soin que, de tout temps, les princes de Condé, et après eux leur héritier, prirent de cette belle et utile fondation1.

Depuis Charlotte-Marguerite de Montmorency, princesse de Condé, les princes ses descendants s’appliquèrent,

1 M. le général Béziat, à qui le duc d'Aumale avait donné, avec toute sa confiance si méritée et si justifiée, la présidence de la commission administrative de l'hôpital Condé, a publié une très intéressante brochure sur cette maison, sa création, son installation, ses ressources, ses dépenses, son administration, sa personnalité civile, etc. Les faits que nous rappellerons sont un aperçu des archives de l'hôpital, et ne sauraient entrer en comparaison avec la brochure si clairement explicative où se retrouve la haute science du général, science qui, jointe à un dévouement absolu, a porté les affaires de cette fondation à une rare prospérité et à un ordre parfait. M. le duc d'Aumale savait à qui il confiait la mission de veiller aux intérêts de cet établissement très spécial et très complet.

d'âge en âge, â perfectionner et à enrichir l'œuvre de leur aïeule. Nous avons vu Henri-Jules augmenter les dotations ; ainsi fit Françoise de Bourbon, veuve de Louis III. M. le Duc donne les seigneuries de Larrey et de Nesle, transporte l'hôpital à Chantilly, en organise toute l'administration. Enfin son fils, le prince Louis-Joseph, voyant les revenus des deux seigneuries considérablement accrus, fait construire de plus vastes bâtiments afin de recevoir un plus grand nombre d'indigents; ses charitables intentions furent exécutées en 1 78 5 ; l'hôpital eut une forme, une composition, des règlements nouveaux; le nombre des malades et incurables fut augmenté, les écoles fondées; un conseil spécial fut institué pour gérer les affaires de l’établissement; le directeur ou président se nommait M. Antheaume de Surval.

Les troubles de la Révolution n’apportèrent pas d’abord de changement dans cette administration ; le prince émigré continue à connaître de tout ce qui la concerne. Il écrit de Turin, le 12 avril 1790, pour renouveler les pouvoirs de la commission : « Nous, Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, nommons Messire Jean-Louis Robert, curé de Chantilly, Jean-Baptiste Contye, capitaine de dragons, et capitaine de nos chasses, André-Joseph Antheaume de Surval, avocat au parlement, procureur général fiscal de notre

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châtellenie de Chantilly, et Jean-François Le Roy, architecte de nos bâtiments, pour régir, administrer les biens de l’hôpital pendant trois ans ».

De Worms, Condé écrit encore le ier mai 1791, pour approuver les travaux de la commission administrative, et nommer un receveur général des revenus de l’hôpital. Il signe et approuve les admissions proposées par cette commission jusqu’au 29 août 1792.

A la date du 18 mai 1791, l’administration est mise en demeure par la municipalité de remplacer l’abbé Baudelot, chapelain, attendu son refus de prêter le serment décrété par l’Assemblée nationale (la constitution civile du clergé). La commission, après délibération, arrête que, d’après les lettres patentes qui ont approuvé la fondation, le prince de Condé a seul le droit de nommer le chapelain ou de le renvoyer, que la commission ne peut en aucun temps se permettre de donner un successeur à l’abbé Baudelot, que M. Le Tourneur, secrétaire du bureau, se transportera à la municipalité pour donner connaissance de cette délibération.

Après la proclamation de la république, 21 septembre 1792 (an I), la municipalité s’empare de l’hôpital, qui prendra le nom d’hôpital civil, et nomme une nouvelle commission composée des citoyens Rouard, curé, Hautin,

maire, Paul Devailly, François Moreau, Morin, etc. ; l’ancienne administration proteste, refuse de livrer les livres, mais est forcée de se retirer.

A cette époque, les sœurs de Saint-Vincent de Paul quittèrent 1 hôpital ; elles y étaient depuis la fondation de leur institut; seule, la sœur qui dirigeait l’école resta; elle fut chargée, non seulement de la classe, mais encore du soin de la basse-cour, de la cave, des distributions de bois, de charbon, en un mot de tous les détails intérieurs. 11 semble que la journée la plus longue dût être trop courte pour cette sœur. La nouvelle commission nomme la demoiselle Francastel pour le service de la lingerie.

Le ier ventôse de l’an 11, l’administration délibère sur la nécessité d’avoir une économe à la tête des services intérieurs et nomme la citoyenne Perdrix1.

A la même date, des démarches sont faites auprès du district de Senlis pour retrouver le contrat de mille livres de rente fait par Charlotte Montmorency (sic), laquelle rente, toujours payée par les Condé, ne l’a plus été pour les années 1791, 1792, 179} ^es démarches ont pour but de faire payer ces rentes par la liquidation des titres et créances des émigrés.

1 La citoyenne Perdrix parait être la femme ou la parente du citoyen Perdrix, ancien peintre des chiens de meute des princes et chargé par le district de Senlis de faire l'inventaire et l’évaluation des tableaux du château après le séquestre.

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