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quand ses affaires ou ses intérêts politiques l’y appelaient, empêchent les séjours à la campagne. Son fils, le duc d’Enghien, celui qui fut le Grand Condé, était élevé à Montrond'. Ce ne fut qu’après ses premières grandes victoires que le jeune héros se reposait à Chantilly des fatigues de la guerre et permettait les soins nécessaires à sa santé plutôt délicate. Après Philisbourg, septembre 1645, il y revint ; Mnie la Princesse sa mère l’y attendait, ayant fait préparer la « petite chambre » et les eaux de Forges qu’il devait prendre. Près de sa mère, est sa femme, si peu aimée, et son jeune fils le duc d’Albret. Une lettre adressée à M. le Prince lui fait part de 1 arrivée du duc d’Enghien, qui ne reste à Chantilly que le temps de reprendre un peu de forces.
Eîenri II de Bourbon-Condé mourut le 26 décembre 1646 presque subitement. Quoique affaibli de corps depuis un certain temps, son intelligence et son activité d’esprit étaient restées les mêmes; jusqu’à la fin il expédia les affaires avec cette lucidité qui était une de ses qualités maîtresses. Sa fin fut calme et chrétienne; sa femme et son fils ne quittèrent pas son chevet. 11 reçut avec émotion les témoignages de leur tendresse et « parla à Mrae la Prin-
1 Forteresse appartenant aux Condé; les ruines existent prés Saint-Amand, département du Cher.
cesse comme s'il l’avait aimée toute sa vie1 ». Ce prince est généralement peu connu et mal jugé jusqu’à présent. Un temps viendra où l'histoire, plus éclairée sur cette figure qui semble secondaire , discernera cet esprit très politique, mais vraiment sage2.
Charlotte- Marguerite de Montmorency, maintenant princesse douairière de Condé, eut l’usufruit de tous les biens du prince son mari; c’était justice, puisque la fortune n’avait d’autre base que les apports de l’épouse à la communauté. Elle compte en jouir avec une liberté qui lui était inconnue3. Parmi ces biens, Chantilly, le Chantilly de sa jeunesse, la maison de sa famille, lui inspirait un intérêt particulier; elle le prouva. C’est sur ce domaine qu elle fonda les établissements de charité, « sa charité », ainsi qu’elle-même l’avait baptisée, en un mot l’hôpital, que ses descendants, continuant ses bienfaits, doteront tour à tour jusqu’au temps actuel.
Louis II de Bourbon, devenu M. le Prince, toujours aux armées, en Espagne ou en Flandre, ne revient guère à Chantilly pendant les années qui suivirent la mort de son
1 Histoire des princes de Condé, par M. le duc d’Aumale, t. V, p. 120. — Mme de Motteville, Mémoires.
2 Une intéressante brochure intitulée te P'cre du Gi'und Condé a été publiée en 1892 par le R. P. Chérot, de la Compagnie de Jésus.
3 Histoire des princes de Condé, par M. le duc d’Aumale, t. V, p. 12 1.