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CHAPITRE IX

e prince de Condé laissait Chantilly abandonné. Quel-

1 v ques jours seulement après son départ, 7 août 1789, un fort détachement de la garde nationale de Paris envahit le château et se fît remettre vingt-sept canons, plus curieux qu’utiles, qui s’y trouvaient, puis reprit le chemin de Paris, traînant cette conquête.

Depuis cette première manifestation jusqu’en 1791 , Chantilly fut surveillé par ordre de P Assemblée Nationale, qui avait enjoint à tous les directoires de veiller très spécialement à la conservation des propriétés de M. Bourbon- Condé. Ces propriétés furent dès lors sous le coup de la confiscation qui les atteignit officiellement peu après.

En 1791, apprenant le décret de l’Assemblée Nationale menaçant de confisquer ses biens, Louis-Joseph de Bourbon écrit à son intendant général : « Attendu l’ordre de l’Assemblée Nationale qui va s’emparer de mes biens, vous ferez avertir tous mes gens, mes rentiers, mes pensionnaires de se présenter le plus tôt possible pour toucher ce

qui leur revient jusqu’à ce moment. Je serais fâché qu’ils puissent souffrir des iniquités que l’on exerce contre moi. On ne me privera pas de la consolation d’avoir rempli mes engagements tant que mes facultés me l’ont permis ».

Le 22 juin de cette même année, le ministre de l’Intérieur, Delessart, avait donné ordre au directoire de Senlis de procéder à des recherches au château de Chantilly, où la rumeur publique disait qu’il y avait des armes. Pour éviter le pillage, il fut ordonné que deux membres du Directoire iraient visiter le château. Les deux membres désignés furent Laurent (René-François) et Thérouenne (Eloi-Cyr), accompagnés des gardes nationales de Chantilly, Pont, Coye, Saint-Firmin, La Morlaye. Ils se rendirent au château, qui était alors sous la surveillance de Jean-François Bourgeois, ancien premier concierge ; on trouva 120 livres de poudre et ^9 fusils pour l’usage des gardes, 1^0 fusils de vieille origine ornant le cabinet des armes, 2^0 fusils démontés, hors de service; mais ce résultat ne satisfît pas les esprits; le 28 du même mois, on se rendit chez le sieur Aubry, armurier du prince de Condé ; on y trouva ji fusils dorés et damasquinés, garnis de maroquin noir, montés à gauche ; 1 16 fusils ordinaires et quantité de sabres et d’épées dont la garde nationale de Chantilly revendiqua la possession. Le Directoire prescri-

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