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Chapitre viii

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toute sa famille, de ses serviteurs en larmes, abandonnant la somptueuse demeure de ses ancêtres, n’emportant que son épée comme le seul bien au monde dont il ne peut se séparer1. »

Il n’emporta en effet que son épée et son nom ; nom si glorieux dans les armes et si respecté qu’il entraîna à sa suite une foule d’officiers dont le dévouement à sa personne et à la monarchie accepta l’exil le plus dur, les privations les plus pénibles, sans une plainte, sans une arrièrepensée ; dévouement qui arrache l’admiration de ceux-là mêmes qui ne peuvent approuver cette levée de boucliers. Napoléon, parlant d’eux, a écrit : « La France donna la mort à leur action et des larmes à leur courage ; tout dévouement est héroïque2 ».

Ces princes, l’aïeul, le fils, le petit-fils, toujours les premiers au feu, les derniers auprès du drapeau, supportent avec une hauteur d’âme inébranlable la misère journalière la plus âpre, avec leurs soldats fidèles, les encourageant par leur exemple. « Malgré l’extrême misère, tous ont hère mine », et l’historien de l’armée de Condé3 dit la surprise, l'émotion du général autrichien Würmser et de son

1 Mémoires de d’Espinchal, cités par M. Pierre de Ségur dans La dernière des Condé.

2 Mémoires de Napoléon, t. Iï, p. 310; cités par Bittard des Portes, Histoire de l’armée de Condé.

3 Bittard des Portes, Histoire de l'année de Condé.

C II A N T I L L

état-major à la vue de l’infanterie de Condé : « En avant, plusieurs officiers à cheval, tous âgés, mais bien en selle et la tète haute, puis des fantassins ; sur beaucoup brillent, à travers les courroies du havresac, des croix de Saint-Louis ou de Malte, même des cordons de commandeur. Officiers de tous les régiments, soldats de tout âge, les vieillards y coudoient les adolescents ; ce sont tous, encore ou déjà, des soldats : c’est la vieille France militaire ».

Tous vont où ils croient qu’est le devoir; s'ils se trompent, la faute n’est imputable qu'aux principes qu’ils ont toujours pratiqués et qui, pour eux, sont les seuls vrais.

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