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Chapitre xi

duc de Bourbon en avait fait organiser un autre dans les salles épargnées par la démolition au rez-de-chaussée du grand château; c’est là qu’eurent lieu, en 1841, les représentations de la Comédie- Française h

Il était rare que les princes donnassent beaucoup de temps au monde. Ils n’y paraissaient guère qu’entre deux campagnes en Afrique, et même, de ce temps, la plus notable partie appartenait-elle à la famille toujours si unie, si heureuse de se retrouver auprès du roi et de la reine.

En 1840, le prince royal avait emmené à Alger son jeune frère le duc d’Aumale en qualité d’officier d’ordonnance. A cette époque commence la vie militaire du jeune prince; il avait dix-huit ans; dès le début, il se signale en toute occasion; la terre d’Afrique l’enthousiasme; tout y respire la gloire militaire qu’il admire dans les exploits de ses frères, dans ceux des hommes dont l’histoire a gardé les noms. Cette gloire qu’il recherche et espère pour luimême, viendra à lui dès ses premiers pas devant l’ennemi; de plus en plus brillante, elle l’accompagnera dans toutes ses actions de guerre; il saura la retenir en consacrant ses remarquables facultés à l’étude de la science militaire. Qu’il

1 Ce théâtre a été transformé en bibliothèque par M. le duc d'Aumale, mais la configuration est restée la même; le parterre et la grande loge n’ont pas été touchés; la scène, les entrées et sorties ont seules disparu dans les dispositions nouvelles; elles ne sont que dissimulées cependant et se retrouveraient derrière les rayons.

soit en activité de service comme dans sa jeunesse, que par deux fois l’exil le réduise à l’inaction ou que la France lui rende son épée, l’armée sera sa grande préoccupation. De loin comme de près, en exil comme à la tête des troupes, il partagera la joie de la victoire, et plus encore la douleur des revers.

En 1841, le duc d’Aumale, cité à l’ordre du jour de l’armée après les combats du bois des Oliviers, du Chéliff et sa marche avec la division Baraguay d H i Hiers sur Taza, est nommé colonel du iyc régiment d’infanterie légère. C’est à la tête de ce beau régiment qu’il rentra à Paris; la hère mine des hommes et la bonne grâce du jeune colonel excitèrent beaucoup d’enthousiasme. Cette entrée faillit se terminer tragiquement; un homme1 tira sur le prince, qui ne fut pas atteint; le cheval du lieutenant-colonel reçut la balle destinée au duc d’Aumale.

Chantilly ne profita pas de ce retour en France; le 17e léger est à Courbevoie; c’est là qu’habite le colonel, se donnant tout entier à son devoir militaire. Le peu de temps que ce devoir lui laisse est rempli par le travail le plus assidu.

1 Quénisset avait été désigné par le sort, dans les sociétés secrétes, pour tuer un des princes. Jugé par la Chambre des Pairs, il vit sa peine commuée en détention, qu'il subit à Doullens. Rendu à la liberté en 1848, et privé de ressources, il eut recours au duc d’Aumale, qui l’assista.

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