CHAPITRE XII
cette époque, 184^-1844, le mariage du duc d’Au-
ii male était décidé. Avant de rentrer en Algérie en 1845, s’était rendu à Naples et y avait vu une princesse qu’il choisit parmi toutes celles qui, en ce temps, composaient la famille royale napolitaine.
Une année après ce premier voyage, le 2$ novembre 1844, Son Altesse Royale Henri d’Orléans, duc d’Aumale, épousait, dans la chapelle du palais royal de Naples, Son Altesse Royale la princesse Caroline- Auguste de Bourbon, princesse des Deux-Siciles, fille du prince de Salerne et de l’archiduchesse Marie-Clémentine, princesse de Salerne.
Ce mariage mit Naples en fête; la princesse y était très populaire; ce fut au milieu des vœux de bonheur de la maison royale et du peuple que le duc et la nouvelle duchesse quittèrent Naples quelques jours après le mariage pour venir en France, où ils étaient attendus avec grande impatience.
La reine revoyait dans cette jeune princesse sa famille
paternelle, son pays natal ; puis la duchesse n’avait qu’à se montrer pour inspirer l’intérêt et l’affection ; des yeux magnifiques éclairaient son visage; pleine de grâce, aimable, l’esprit très prompt, le jugement très droit, fort instruite, enfin princesse et femme du monde dans la plus noble acception de ces mots, telle était celle qui venait prendre possession de Chantilly sorti des ruines. Les plus cruels événements décidèrent d’un autre avenir, mais ce fut pour elle que le vieux palais revint à la vie.
Dès la fin de 184], le duc d’Aumale avait fait commencer les travaux nécessaires à l’habitation. Us avaient été confiés à M. Duban1 pour l’architecture; pour la décoration et les ameublements, plusieurs artistes travaillèrent sous la direction de M. Eugène Lami2.
Le rez-de-chaussée du petit château fut l’objet de soins particuliers, pour le rendre digne de devenir la demeure réservée à la future duchesse. Ce rez-de-chaussée, sauf quelques détails de distribution, 11e semble pas avoir changé depuis que le Grand Condé le destina à ses enfants ;
1 Duban (Félix-Louis-Jacques), né à Paris en 1797 , mort en 1870, restaura le château de Chantilly, celui de Blois et celui de Dampierre. Il fut nommé architecte du Louvre en 1848.
- Eugène Lami, peintre aquarelliste, de tout temps très attaché à la maison d’Orléans, qui possède beaucoup de ses œuvres. Son talent était fait d’élégance et de bon goût; il devança son temps pour les arrangements et la décoration des appartements faits sous sa direction.