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Chapitre xi i

c’était une suite de chambres de mêmes dimensions, excepté la partie centrale, coupée dans la hauteur à une époque plus récente, peut-être pendant la disgrâce du duc de Bourbon, pour y placer le « boudoir des Singes » que nous retrouverons bientôt.

En 1844, cette suite de chambres fut divisée en deux appartements complets, l’un destiné à la princesse, l’autre au prince. Le premier se composa de la chambre, d’un salon appelé alors le « salon des dames1 », d’un grand cabinet ou boudoir et de tous les alentours ou dégagements que comporte un grand appartement. Plusieurs autres chambres s’y adjoignaient, dont la vue donnait sur l’entrée du château au nord, et qui, intérieurement, s’ouvraient sur le grand vestibule, au pied de l’escalier que nous avons décrit. Ces chambres devinrent plus tard l’appartement des enfants.

Au moment où la duchesse d’Aumale arrivait en France, les travaux de restauration et d’ameublement étaient terminés. La chambre avait été ornée d’un plafond peint par Diaz2, une guirlande de fleurs entourant le chiffre de la duchesse; ce sont, croyons-nous, les seules fleurs de ce peintre; ce plafond est conservé; les tentures en soie rose

1 Maintenant « salon de Guise ».

Diaz de la Pena, né à Bordeaux en 1809, mort en 1876.

et blanche, de nuance pâle, étaient en parfaite harmonie avec les splendides cheveux blonds de celle qui devait l’habiter1.

Le cabinet de toilette attenant à cette chambre était tendu de satin blanc et bleu et orné de beaux bronzes dorés du xvme siècle.

Le « salon des dames » n’avait que des boiseries modernes, blanches rehaussées d’or, mais un ameublement remarquable, bois dorés anciens et soie amarante et blanche.

Venait ensuite le cabinet de travail ou la Scrivania , du mot italien dont la princesse le baptisa. Avant les travaux de 1844, cette pièce était carrée; elle a été transformée sur les dessins d’Eugène Lami. Il est aussi l’auteur de la décoration composée de panneaux d’étoffe encadrés de bois de rose ; les quatre portes qui embrassent la nouvelle forme ronde sont ornées de plaques de marbre dont la couleur s’allie agréablement à celle des boiseries ; ces plaques sont entourées de bronzes très finement ciselés. Le plafond est signé de Godefroy. Les bois du meuble de forme Louis XVI sont délicatement sculptés; les appliques porte- bougies et les flambeaux sont aussi dignes de remarque. Trois portraits au pastel attirent l’attention :

1 Cette tenture fut transportée en Angleterre et remplacée au retour en France par celle qui existe aujourd’hui en satin bleu.

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