Chapitre xi i
sous la voûte L Le rez-de-chaussée se trouva ainsi fermé et défendu contre l’extérieur.
Dans la cour basse étaient les cuisines et un certain nombre de chambres qu’on avait sorties des décombres sous la Restauration ; elles se trouvaient au pied du grand escalier et n’avaient de vue que sur la cour. L’aspect en était le plus triste du monde ; il semble qu’il eût été facile de les ouvrir sur le parc, cette partie du château restant inoccupée ; mais à l’époque où ces appartements furent aménagés, on paraît s’être très peu préoccupé du plus ou moins d’agrément qu’ils offraient2.
Les travaux de 1844 ne s’étendirent pas au delà du rezde-chaussée du petit château ; rien ne changea au premier étage. On y retrouve les salles construites sous la Restauration ; la chapelle est toujours dans le salon où elle avait été établie à cette époque, puis les salons aux boiseries dorées, le salon des Singes, la galerie des Batailles et le salon de Musique qui la termine. Tout resta ainsi, et lorsqu’au mois de mai 1 845 la duchesse d’Aumale reçut pour
1 De cette entrée qui a été fermée, on a fait une loggia, avec balcon orné des armes et chiffres du connétable Anne de Montmorency, qui se trouvent dans le couronnement du pavillon.
2 En 187 6, une galerie nouvelle permit de reporter du côté du parc, sur la façade nord du château, cette série de chambres, qui se trouve maintenant ouverte sur le jardin de la Volière. La galerie nouvelle porte le nom de l’éminent architecte, M. Daumet, qui a reconstruit Chantilly tel que nous le voyons.
la première fois à Chantilly, ce fut dans ces appartements que les réceptions eurent lieu ; l’espace était restreint par l’obligation de mettre des tables de cent couverts dans la galerie, ce qui néanmoins n’enleva rien à battrait de ces fêtes. Cependant le duc d’Aumale avait jugé impossible de tenir un grand état de maison dans ce qui restait alors du château. Il demanda à Duban des plans de reconstruction qui devaient s’exécuter les années suivantes.
Ali cours de l’été de 1 84 5 , le roi Louis-Philippe, le duc et la duchesse de Nemours, celle-ci dans tout l’éclat de sa beauté, vinrent à Chantilly et y passèrent quelques jours. Le roi y avait laissé le souvenir de sa grande bienveillance pour tous, de l’extrême urbanité de son accueil. 11 y a quelques années on racontait encore que, traversant la pelouse1 en petite voiture à la « Daumont », Sa Majesté vit des dames se donnant une peine extrême pour l’apercevoir et déplorant à haute voix la vitesse des chevaux; aussitôt, avec l’attentive politesse qu’il savait témoigner à toute femme, le roi donna ordre de ralentir, et dit un mot à ces personnes, qui ne l’oublièrent jamais.
La duchesse d’Aumale ne revint à Chantilly que l’année suivante, après la naissance de son fils, le prince de Condé,
1 Espace qui s’étend entre le château et la forêt.