D APRES E. LAMI
C HA? î T R E XII
que les autres pièces, il est décoré d’après les dessins d’Eugène Lami. Des boiseries de chêne laissées dans leur teinte naturelle encadrent des tentures de drap bleu à broderies rouges, couleurs de la maison d’Orléans.
Près de ce cabinet existe l’escalier le plus ancien du château; autrefois, en spirale, il montait ainsi du rez-dechaussée au deuxième étage du pavillon Henri II qui porte maintenant le nom de Jean Bullant, auquel on attribue sa construction. Pour les facilités nécessaires aux habitudes modernes, cet escalier a été modifié dans sa partie basse, mais la plus grande partie a conservé sa forme originale.
Les appartements auxquels il donne accès, maintenant inhabités et démeublés, contiennent cependant des boiseries blanches remarquables et rares en France ; elles sont de Chippendale, célèbre en Angleterre au xviif siècle pour ce genre de travail ; Chippendale a été le chef d’une école dont les œuvres ont une célébrité ; si les boiseries dont nous parlons ne sont pas du maître lui-même, elles appartiennent à cette école. Dans l’une des chambres, elles forment la décoration entière ; c’est une grande arcade et quatre pilastres qui la soutiennent ; puis la cheminée toute ornée de roseaux. Dans le petit salon, une cheminée de même, découpée de fleurons et guirlandes ; les autres
panneaux de ce salon sont français et encadrent des peintures de Christophe Huet. Les boiseries de Chippendale ont été rapportées de la maison du duc d Aumale en Angleterre, où elles étaient depuis leur origine.
Autrefois la suite des appartements du rez-de-chaussée réparés en 1844 et que nous avons décrits, s’ouvrait directement sur la cour basse, à l’entrée même du château ; 011 accédait à cette entrée par un pont de pierre qui avait remplacé le pont-levis représenté dans les dessins de Ducerceau; malgré l’exiguïté du passage, les voitures, berlines de voyage ou autres, entraient par ce pont et la voûte qui le suivait; les appartements du rez-de-chaussée n avaient donc pour toute défense que leur porte même. La vie moderne et ses habitudes de confortable ne pouvaient s’accommoder de cet état de choses ; c’est pourquoi D Liban construisit la galerie de bois qui porte son nom, en avant des appartements, pour les défendre contre les intempéries et autres inconvénients; puis, afin de faciliter l’entrée de la cour basse qui dessert toute cette partie du château, on jeta un pont sur le fossé, entre la tour qui terminait le grand château, dite aujourd’hui tour de la Chapelle, et le pavillon Henri II. Le nouveau pont mit l’ancien hors de service et par conséquent aussi l’entrée