‹ ChantillyChapitre 79 sur 105 · Chapitre xiv · texte numérisé non relu

Chapitre xiv

puis les pistolets du Grand Coudé, aussi longs que les carabines modernes : ces armes ne quittèrent jamais les descendants du héros, et leur héritier les garda avec le même soin. Auprès des pistolets, sont placés des fusils de chasse du dernier duc de Bourbon ; ils sont montés à gauche ; la tradition raconte que les Condé étaient « gauchers », mais non pas borgnes, comme certains auteurs font dit. M. le Duc, le ministre de Louis XV, eut un œil crevé par un accident de chasse; l’accident, quoi qu’on ait écrit, ne se reproduisit pas dans sa postérité. Cette croyance a pu s’affirmer par ce fait que le dernier duc de Bourbon avait un œil « incertain », ce que l’on est convenu d’appeler « l’œil à la Montmorency ».

Dans cette même vitrine sont encore trois guidons des régiments de Condé, un curieux portrait du Grand Condé, jeune, par Stella1, enfin le médaillon de bronze doré arraché autrefois au tombeau de Vallery2, où l’on voit le visage ravagé par la souffrance morale et physique bien plus que par les années. Ce superbe médaillon est signé et daté : Coysevox, 1686. De chaque côté de la vitrine sont deux

été impossible d’en savoir l’histoire. On suppose que ce fut une des dépouilles du pillage de Chantilly en 1790, rendue, sans doute, par quelque descendant de ceux à qui cet objet était échu en partage.

1 Stella (Jacques), né à Lyon en 1596, mort en 1657.

a Vallery, dans le département de l’Yonne ; sépulture des Condé.

C II A N T I L L

beaux bustes en marbre représentant Turenne et Condé, exécutés en 1 69 5 par Jérôme Derbais.

Un bureau en marqueterie, orné de bronzes très fins, est placé dans cette galerie; on l’appelle le « bureau de Choiseul » ; il aurait été fait pour le ministre de ce nom. Ce meuble, passé en Angleterre, appartenait aux ducs d’Hamilton ; il fut acheté par le duc d’Aumale vers 1880 à la vente d’Hamilton-palace.

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