Chapitre xv
Baudry, la Vision de saint Hubert. Le prince d’Aquitaine est représenté sous les traits du duc de Chartres1, et le page qui tient la bride du cheval donne le portrait du duc d’Orléans2 vers l’âge de douze ans. Les têtes de cerfs placées en dessus de porte, et les « massacres » qui ornent la frise, justifient le nom de galerie des Cerfs.
Dans les caissons du plafond, sont peintes les armoiries des familles qui ont possédé Chantilly depuis l’origine jusqu’à nos jours. Une réduction de ces peintures, placée vers le milieu de la paroi de droite, permet de s’en rendre compte plus facilement. Les mains de bronze servant de torchères sont un souvenir des palais florentins.
De la galerie des Cerfs, nous passons à la Tribune, salle déformé octogonale. Dans la voussure, des peintures en grisaille rappelaient au duc d’Aumale les souvenirs de sa vie : le Palais-Royal, où il était né, la maison familiale entre toutes ; le collège Henri IV, où il avait fait ses classes ; Aumale, dont il portait le titre; le palais d’Orléans à Païenne, dont la pensée lui était chère; Guise; Villers- Cotterets, le grand domaine de ses pères ; Twickenham, et enfin Écouen.
La Tribune contient plusieurs chefs-d’œuvre des écoles
1 Son Altesse Royale Robert d'Orléans, duc de Chartres.
2 Son Altesse Royale Philippe-Robert, duc d’Orléans.
de peinture italienne et flamande, de précieux spécimens de la Renaissance française, et notre école moderne y est représentée par des tableaux dont la renommée est universelle et très méritée.
Tous les tableaux du Musée Condé ont été décrits avec la plus grande érudition, la plus scrupuleuse exactitude par M. A. Gruyer, un des conservateurs de ce musée et membre de 1 Institut. 11 a consacré aux peintures de Chantilly de magnifiques volumes; les savantes descriptions qui s’y trouvent n’ont d’égales que les notices si complètes et si pleines d intérêt qui les accompagnent.
Aux murs des passages qui forment l’entrée et la sortie de la Tribune, sont enchâssés deux bas-reliefs de l’époque de la Renaissance. Ils ont été retrouvés servant de dalles à un pont ; heureusement les barbares qui les avaient ainsi utilisés s’étaient arrêtés à la louable précaution de mettre les figures du côté de l’eau. Combien d’objets plus précieux encore n’ont-ils pas subi un sort analogue, lorsque des débris et des ruines on tirait tout ce qu’on trouvait utile aux usages les plus divers, et combien n’ont pas eu la chance finale des deux bas-reliefs !
Parmi les miniatures conservées dans la tour du Trésor, il en est de remarquables, quelques-unes par leur valeur artistique , d’autres par les personnages qu’elles repré-