Chapitre xv
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sentent, ou encore parce qu’elles sont uniques ; tel est un portrait, du dernier duc d’Enghien vers l’âge de vingt-huit ou trente ans. Il y a peu d’années, cette miniature était encore dans un portefeuille usé par l’usage, que le duc de Bourbon, père du prince, ne quittait jamais ; le portrait de la princesse Charlotte de Rofaan-Kochefort, fiancée du duc d’Enghien, . ou plutôt sa femme, suivant de justes pré¬
somptions, — était dans ce même portefeuille ; les deux miniatures n’ont pas été séparées dans la collection de Chantilly.
De beaux émaux et d’intéressants portraits provenant de la maison de Condé occupent une place à part. Plus loin, une aquarelle par Daffinger1 représente le fils de Napoléon Ier, le duc de Reichstadt. Cette aquarelle fut donnée par le jeune prince lui-même à la princesse de Salerne sa tante, sœur de Marie-Louise et mère de la duchesse d’Aumale.
Une collection de boutons d’habit fort à la mode au xvme siècle est à remarquer ; chacun de ces boutons représente soit un des bâtiments de Chantilly, soit un des points de vue du parc, en fine miniature.
La tour du Trésor s’ouvre sur la galerie dite de Psyché, à cause des vitraux dont elle est parée et qui racontent la
1 Daffinger, miniaturiste autrichien très célèbre au commencement du xixe siècle.
fable de la jeune Grecque. Ces vitraux en grisaille, relevée dans quelques-uns de tons plus chauds, étaient au château d'Écouen; aucun document n’établit quelle place ils occupaient dans cette résidence et la tradition en est perdue. Ils ne furent cependant enlevés qu’a l’époque révolutionnaire.
Ils portent la date de 1541 et 1542; les cartons originaux sont attribués à Michel Coxie, élève de Raphaël; ce Michel Coxie dut être un bon élève, car les figures sont très « Raphaëlesques » ; il suffit pour s’en convaincre de regarder la Psyché du premier vitrail. Les cartons ont été gravés par le « Maître au D » et par Agostino Veneziano ; ces gravures sont au Musée Coudé.
Cette galerie renferme le buste en cire du roi Henri IV ; la tradition veut que ce soit ce buste qui ait été placé sur le lit de parade dans la chapelle ardente pour figurer le roi, comme il était alors d’usage. Cette figure de cire est un des objets rendus aux princes de Condé à leur rentrée en France ; la châsse semble appartenir à l’époque de Louis XV ; les ornements qui l’entourent sont en plomb doré. Faisant lace aux vitraux, au-dessus des curieux et beaux portraits du xvie siècle, s’étend une « muraille » de tente en velours rouge tissé d’or, donnée au duc d’Aumale par un bey de Médéah.