‹ ChantillyChapitre 94 sur 105 · Chapitre xvi · texte numérisé non relu

Chapitre xvi

vait de cimier aux armes des premiers Bourbons et que Ton trouve notamment au frontispice des anciennes Coutumes du Bourbonnais \ ainsi que sur le charmant pavillon d’Anne de Beaujeu à Moulins2. Le même cerf ailé est répété sur le bronze de la porte qui ferme ici l’oratoire de Condé. Sur lautel noir, est un très beau crucifix d’ivoire. La porte du tabernacle est faite d’une plaque d’argent repoussé qui représente le Crucifiement d’après Dürer, dit-on.

Les cloches, au nombre de trois, ont été baptisées par Monseigneur Hasley, évêque de Beauvais. En souvenir de cette bénédiction, le duc d’Aumale offrit un vitrail à l’église paroissiale de Chantilly. Ce vitrail représente la mort du roi saint Louis; la disposition du tableau a été prise dans un manuscrit de la bibliothèque du château. Le saint roi est étendu sur la cendre ainsi qu’il l’avait recommandé ; son frère Charles d’Anjou, roi de Sicile, et sa suite, entourent le lit funèbre; on aperçoit encore le

1 Un exemplaire de ce livre, imprimé sur vélin et décoré, se trouve dans le cabinet des livres de Chantilly.

- Maintenant la gendarmerie nationale. Dans les sculptures de ce pavillon, se retrouve encore le ceinturon sur lequel est gravé le mot « Espérance ». Ces emblèmes et devises datent de Louis II de Bourbon à l’époque de son mariage avec Anne, dauphine d’Auvergne. Le chardon qu’il joignit aux lys est une sorte de jeu de mots qui voulait dire « cher don », signifiant le don de sa main que la dauphine avait fait à Louis de Bourbon. Cette étymologie est probable en raison de la prononciation qui prévaut encore dans les villages du Bourbonnais avoisinant l’Auvergne.

navire que le roi de Sicile vient de quitter. Ces cloches portent les noms de leurs marraines : Amélie, pour la fille aînée du comte de Paris, maintenant reine de Portugal, et en souvenir de la reine Marie-Amélie ; Marie, pour la fille aînée du duc de Chartres, maintenant princesse de Danemark ; puis Hélène, pour la seconde fille du comte de Paris, maintenant duchesse d'Aoste. C’est la cloche nommée Hélène qui sonne ordinairement pour annoncer la messe.

Pendant le cours de ces immenses travaux le château ne resta jamais inhabité. Dès 1882, lorsque l’intérieur se complétait, le duc d’Aumale, continuant les traditions d hospitalité de sa maison, commença à recevoir ses amis, les notabilités françaises et étrangères; Chantilly, animé d’une vie nouvelle, revoit une fois encore son brillant passé. Les princes, le grand monde, les hommes en renom de tous les pays, viennent y retrouver le parent, l’ami toujours si accueillant, goûter la conversation si universelle, les vues si promptes et si claires de cet esprit toujours en éveil.

Le prince de Galles, maintenant roi d’Angleterre, qui avait été dès 1873 un des premiers hôtes de Chantilly, y revint souvent avec la princesse de Galles ; ils y laissèrent le souvenir de leur affection pour le royal maître de la

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