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elle qu’elle fut trois jours dans sa chambre seule avec ses femmes ». Ce n’est que le 23 au matin que Louis XIII, assisté du P. Caussin, essaya d'obtenir de la reine des révélations qu'elle s'obstinait à refuser, affirmant que La Porte avait tout dit. Comme le P. Caussin la conjurait de dire la vérité « pour sauver la gène (torture) au dit La Porte, elle me pria de me souvenir (écrivit Louis XIII à Richelieu) que je lui avais promis en votre présence qu'on ne lui ferait point de mal, ce que je lui ai dit être vrai et qu’il n’en recevrait aucun que celui de la prison ». Rassurée sur le sort de son fidèle serviteur, Anne d Autriche opposa des dénégations aux faits qui lui étaient reprochés, et le roi conclut mélancoliquement : « Voilà tout ce que j'ai pu tirer d'elle en présence du père Caussin, que j avais amené pour me servir de témoin ». La brouille du ménage royal ne cessa pas à Chantilly ; elle dura quelques mois encore, jusqu’au jour où se produisit le rapprochement, d’ailleurs fortuit, qui donna naissance à Louis XIV.
C'est aussi à Chantilly que le roi vient cacher ses peines; le 16 septembre 1638, il apprend l'échec du prince de Condé devant Fontarabie : « Cela me fit prendre la résolution de men venir à Chantilly dès le même jour pour n être à Saint-Germain quand ce méchant bruit se répandrait. Le déplaisir que j'ai de cette affaire m'a failli faire retomber malade, m’étant hier trouvé plus mal qu'à l’ordinaire » (18 septembre). D’autres fois, il s'impatiente de la prudence de ses généraux, et ilécrit sur un ton goguenard : « Notre armée et celle des Espagnols ont si grand peur l’une de l’autre qu'il n’est pas à croire que la dernière entreprenne rien d’important ; elles sont très aises toutes deux d’avoir de bonnes et creuses rivières devant elles, ou de bonnes villes äleur derrière » (Chantilly, 2oaoût 1642). Entre deux campagnes, Louis XIII a moins de soucis et goûte pleinement le charme de Chantilly : « Ma santé va
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