‹ Chantilly et le Musée CondéChapitre 41 sur 91 · GE · texte numérisé non relu

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des Fables tenait son nom d’une cause analogue (/e Renard et le Corbeau, par J.-B. Oudry, etc.). Le premier étage était consacré aux appartements du roi et de la reine, le second ayant vue sur le jardin de la Volière, avec un passage qui accédait à une tribune de la chapelle. Les narrateurs du xvir siècle rapportent que « ces appartements et galeries étaient ornés de tapisseries précieuses et de tableaux des plus grands maîtres ». La collection des tapisseries était certainement plus riche encore que celle des tableaux ; elle avait été commencée au xvr° siècle par Anne de Montmorency, les plus belles pièces venaient de lui, et plusieurs étaient à ses armes. On y trouvait des tapisseries des Gobelins (Histoire de Constantin, Métamorphoses d'Ovide), d'Amiens {le Dieu d'Amour, les

Triomphes de Pétrarque, le roi Clovis), de Tours (la Créa-

tion du Monde, l'Histoire de David et Goliath), de la Marche (un Débarquement de Turcs et Maures), de Rouen, de Bergame, de Venise, des chasses d'Auvergne; mais les tapisseries de Flandre (Bruxelles, Anvers, Bruges, Audenarde) étaient de beaucoup les plus nombreuses ; une liste en serait trop longue; bornons-nous à citer celles qui représentaient : les Douze Mois de l’année, les Sept Merveilles, les Vertus, la Création du Monde, les Banquets, les Métamorphoses d’Ovide, les Histoires de Vénus, de Psyché, d'Abraham, d'Énée et Didon, d'Achille,

de César, de Coriolan, de Constantin, de Gombaut et

Macé ; l'Histoire des saints Jacques et Christophe, patrons de la chapelle de Chantilly ; des verdures, des jeux d’enfants, des singes, des scènes champêtres, etc. Quant aux tableaux, nous en avons déjà cité un grand nombre; disons seulement que la salle des gardes del’appartement du roi était ornée de quatre chasses de Wouvermans, une chasse de Vander Meulen, un Hallali du cerf de F. Desportes, une toile d'Oudry représentant un chien en arrêt

devant un canard. Dans la nouvelle chapelle, le duc de Bourbon plaça un Baptéme du Christ de l'Albane, une Circoncision de Jules Romain, une Sainte Famille de Raphaël, un Véronèse, Jésus chez Simon le lépreux, un Poussin, la Fuite en Égypte, et deux tableaux modernes, la Descente du Saint-Esprit par Jouvenet, et une Résurrection de Coypel. Ces tableaux ne sont plus à Chantilly, mais on y conserve d’autres peintures exécutées pour M. le Duc par Oudry, Desportes, Christophe Huet, Pierre Gobert. Celui-ci était le portraitiste de la famille; de 1719 à 1722, il fixa sur la toile les traits du duc de Bourbon et de ses sœurs, sans oublier M de Prie ; le portrait du duc se retrouve seul à Chantilly.

En 1718, la décoration du petit château ne comptait guère que trente années d'existence, et cependant on la trouvait déjà « à l’ancienne mode ». Elle fut entièrement renouvelée, et M. le Duc y fit placer les splendides boiseries à fond blanc et reliefs dorés qu’on y admire encore aujourd'hui. Les travaux étaient à peine terminés lorsque le jeune Louis XV, qui venait d’être sacré à Reims, s'arrêta à Chantilly le 4 novembre 1722 : « Sa Majesté fut reçue, dit le Mercure, au bas du grand escalier nouvellement fait... ; le duc d'Orléans occupa, dans le petit château, l'appartement nouvellement restauré, un des plus beaux de Chantilly ». Le roi passa cinq jours à Chantilly, cinq jours de fêtes splendides dont la relation,

rédigée par M. Faure, fut imprimée peu après. Parti de Villers-Cotterêts le 4 novembre à dix heures, le cortège:

royal arriva vers cinq heures à Chantilly par la longue allée qui aboutit à la terrasse du Connétable en face de l'entrée du grand château ; il fut accueilli par trois salves de l’artillerie dont on avait bordé la Manche, qui partage le grand Parterre. « L’allée par où Sa Majesté arriva était profilée d’un bout à l’autre, sur les deux côtés, d’une

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