RECONSTRUCTION DU CHATEAU
Stella, le superbe médaillon exécuté par Coysevox en 1686, des pistolets, guidons, cannes, ayant appartenu à d’autres princes de la maison, et surtout le grand drapeau pris à la bataille de Rocroy, drapeau d’un bataillon liégeois qui faisait partie de l’armée espagnole, le plus ancien trophée que nous ayons en France. Le duc d'Aumale avait trouvé dans l'héritage des Condé deux drapeaux pris à Rocroy ; ils étaient dans son appartement des Tuileries le 24 février 1848 ; l’un fut brûlé; l’autre fut enlevé par un collectionneur, ardent légitimiste, qui se trouvait parmi les pillards et qui ne consentit à s’en dessaisir, en 1855, que sur les objurgations d’un ami du prince, le marquis de Bouillé. Celui-ci s’empressa de faire parvenir le précieux trophée à son légitime propriétaire, qui fut heureux de lui dire un jour, à Chantilly : « Vous voyez, votre drapeau est en bonne place ».
La grande Singerie, restaurée habilement par Guifard, -recut un joli petit mobilier provenant du duc de Penthièvre, et un écran de Christophe Huet acquis par le prince. Dans le grand cabinet d'angle, fut placé le splen- dide mobilier de Beauvais sorti du château d'Eu en 1855. Dans l’ancienne chambre des princes de Condé, qui avait servi de salon-billard depuis la Restauration : la magni- ‘ fique commode de Riesener ; un mobilier de Beauvais de s4 l’époque Louis XV, à personnages, découvert par le prince, après la guerre, dans le château de Randan, | ancienne propriété de sa maison que des arrangements ik de famille mirent un moment entre ses mains; des toiles de Christophe Huet furent placées dans les boiseries, et 7 l’ameublement fut complété par un grand bureau Louis XV dont le prince fit l'acquisition à Blois, en 1880, au prix . de 40.000 francs.