AMEUBLEMENT DU CHATEAU
à Londres, en juillet 1882, deux grandes tables avec cartonniers dont la plus élégante, célèbre bureau qui passe pour avoir servi au duc de Choiseul, atteignit aux enchères la somme de 139.125 francs; l’autre fut adjugé à 80.000.
La construction du grand château fut terminée en 1882, et l’œuvre de l’éminent architecte fut accueillie par d’unanimes éloges. La façade, qui dans les anciens temps avait toujours été occupée par des corps de logis, ne présentait que des galeries à larges baies ouvertes, disposition heureuse qui égayait la cour en l’emplissant d’air et de lumière. Seule, l’aile de droite (côté nord) était destinée au « logis » ; il y eutlà un appartement complet, chambres, salon, salle à manger, qui fut utilisé jusqu’en 1886. À gauche, un spacieux vestibule, précédé d’une rotonde, donnait accès à l'appartement du petit château, à la salle à manger, à la galerie de la chapelle. Le grand escalier rendait la communication facile avec le rez-dechaussée du petit château et le soubassement du grand. Entre la salle à manger et le logis, une grande galerie était destinée aux tableaux et se terminait par une élégante rotonde prise dans la tour de Vineuil; le sol de cette rotonde reçut une des belles mosaïques provenant d'Herculanum et recueillies dans l'héritage du prince de Salerne. Derrière la grande galerie, une autre, plus petite, régnait sur le fossé, montrant une disposition extérieure inspirée directement de la gravure de Du Cerceau : elle fut créée pour recevoir une épave d'Écouen, les 44 vitraux qui représentent la fable de Psyché d’après l’Ane d'or d’Apulée, philosophe de Médaure. Ce sujet profane, connu par les belles gravures faites en Italie d'après les cartons d’un élève de Raphaël, peut-être Michel Coxie, jouit d’une grande vogue en France, et fut reproduit par les verriers et les tapissiers. Un des manuscrits réunis à
Chantilly par le connétable Anne de Montmorency donne le texte de « trente huitains pour la tapisserie faite de la fable de Cupido et de Psyché », avec les noms des auteurs, Claude Chappuis, Antoine Héroët de la Maison-Neuve, et Mellin de Saint-Gelais. Les vitraux d'Écouen furent exécutés en 1541-1542 par l’ordre du connétable Anne de Montmorency. Le manuscrit de Chantilly ne donne pas de légende pour deux des vitraux de la série, plus grands que les autres, que le duc d'Aumale fit placer dans les passages de la Tribune ; mais dans la reproduction de petit format qui fut publiée en 1546 par Jean Maugin, dit le petit Angevin, ces deux vitraux sont accompagnés de deux huitains numérotés XXI et XXII. La décoration dela galerie fut complétée par une tenture de tente en velours rouge avec broderies d’or, ayant appartenu au bey de Médéah (1841), et par la précieuse effigie en cire du roi Henri IV, moulage de sa tête pris après sa mort par Guillaume Dupré (mai 1610).
Dans l’espace triangulaire compris entre la galerie de peinture et la galerie de Psyché, furent ménagés un petit cabinet qui servit d’abord à loger les estampes, et une belle salle octogonale qui reçut le nom de Tribune. Dans les hautes voussures de cette salle, le duc d’'Aumale fit peindre par Bernard les maisons qu'il avait habitées ou qui lui appartenaient : le Palais-Royal où il naquit, le collège Henri-Quatre où il fit ses études, Villers-Cotterêts où 1l joua dans son enfance, Guise et Aumale, domaines qui sont encore dans sa famille, Twickenham, la maison de l'exil, vendue en 1877, Palerme, où jusqu’à la fin de sa vie il aima passer quelques semaines chaque année. Dans les passages de la Tribune furent enchâssés deux bas-reliefs provenant d'Écouen, le Départ et la Chute de Phaëton, dignes du ciseau de Jean Goujon.
La tour d'angle, dont les étages supérieurs abritèrent,
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