LA PRIERE
Que ]e jars destructeur, que l'amprevan rapace , De nos vergers fleuris respectent les trésors ; 3
Que l'affreux sanglier et son avide race
Sur la terre stérile épuisent leurs efforts.
Que l'ongle de l'autour épargne la fauvette , Qu'au bosquet le filipp répète ses concerts , 4 Que la fille des champs , la joyeuse alouette, Paisiblement s'élève au plus brillant des airs.
Ne nous quittez jamais, déesse tutélaire, Régnez, veillez sur nous, sur ce faible hameau ; De l'avide étranger détournez la colère, Dans le champ paternel qu'il nous laisse un tombeau !
1 Mous vous offrons ces fleurs, ces fruits, cette génisse, Ces agneaux dont le fer n'ouvrira pas le flanc.
Outre les victimes humaines , les Celtes offraient aussi aux dieux des animaux. Pline dit qu'on sacrifiait deux taureaux blancs au pied du chêne où l'on trouvait le gui. De nos jours, les écoliers de quelques cantons de ta Basse-Bretagne, à la fête de Sainl-Nicolas, égorgent un coq; chacun en prend une plume et ils donnent la tête au maître. A l'époque où les Romains envahirent les Gaules, leur culte commença à se mêler aux cérémonies druidiques. Les noms des jours de la semaine des Bas-Bretons actuels sont comme les nôtres empruntés au paganisme. Les voici:
Di-lun v . . . le jour de la Lune lundi.
Dè-meurs le jour de Mars mardi.
Dè-mercàer. ... le jour de Mercure mercredi.
Dc-jiou le jour de Jupiter jeudi.
Di-goucner le jour de Vénus vendredi.
Dè-sadron le jour de Saturne samedi.
Ùè-suê le jour du Soleil dimanche.
* Aux rocs de Yelleven suspendez les torreus,
El dans les noirs détours de leurs antres sauvages - Enchaînez Taranis et ses fils dévorans.
Rocs de V elle ven. Lesmiroines, rochers vis-à-vis de Morlaix. Taranis, de taran, qui chez les Gaulois et les Bas-Bretons signifie encore tonnerre. Tentâtes, Taranis, Dis, Niorder, dieux de l'éloquence, de la foudre, de la nuit, des tempêtes; divinités druidiques. Cœs. de Bell. G ail. , 1. vi, c. xvu ; ici., 1. xviii. Lucan. Phars., 1. i. Tacil., Annal,, 1. i, c. l et lxv. Diod. sicul., 1. v. Pomp. mêla, 1. m. Es us cl Taranis étaient adorés sous la forme d'un chêne. Les Gaulois prétendaient descendre du dieu Dis. Gala' se omnes ab dite pâtre prognatos prœdicant idque ab Drtudibus proditum dicunt. Cœs., Comm. de bell. G ail., 1. vi, p. 35. Dis, selon César, n'était autre que Plulon. Latour d'Auvergne assure que César s'est trompé , qu'il a confondu le Du des Romains avec celui des Celtes qui vient de Deiz, jour.
Tentâtes était regardé comme l'inventeur des arts, comme le dieu du commerce. Suivant le Deist de Bolidoux, dans son Abrégé de V histoire des Gaules, Tentâtes était le même que Mercure; en effet, merch-ur, en celtique, signifie marchand, et César le désigne sous ce nom de Mercure. Tile Live, 1. xxvi, dit : Seipio in tumulum obversus qnem Mer-
curium Teutatem appe liant. Dom Martin prétend que Teu-
tatès vient de teut, peuple, et tad, père; c'est-à-dire père
du peuple. On lui sacrifiai! des hommes.
3 Que le jars destructeur, que l'amprevan rapace De non verger» fleuri» respectent les trésors.
Jars, en hrelon , oiseau ; amprcvan, ver de terre.
4 Qu'au bosquet le filipp répète ses concerts. Filipp, le passereau.
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Tu dors , Celtos ! altères de carnage , Les fils d'Albin descendent sur ces bords ; Jusqu'au Belen ils portent le ravage , • Ils sont vainqueurs , ô Celtos , et tu dors !
N'entends-tu pas les hymnes de victoire?
N'entends-tu pas ces sinistres accords ?
De ton rival ils ont chante la gloire , Ils ont chanté ta défaite , et tu dors !
Ils sont entrés sous ton toit tutélaire , Et, sur ta tête appelant le trépas, Ils ont brisé la coupe de ton père :
Eh quoi , Celtos , tu ne t'éveilles pas !