‹ Chants armoricains, ou Souvenirs de Basse-BretagneChapitre 23 sur 79 · L'ESPERANCE · texte numérisé non relu

L'ESPERANCE

Ne s'agite plus sur ta têtej ' Ecoute, ses accens sont doux.

L'arc-en-ciel a brille, la mer obéissante S'abaisse sous ton aviron , Et de la roche mugissante Déjà je n'entends plus le son.

L'étranger qui disait : * Que le gouffre dévore « L'imprudent qui brave nos dards I • .

Que dira-t-il, lorsque l'aurore Lui montrera tes étendards?

H baissera le front en agitant $a chaîne.

Puisque l'abîme est sous ta loi , Que peut-il? sa vaillance est vaine :

Ur-Maz-Han , la terre est à toi.

1 lia se taisent : déjà l'aile de la mouette, Messagère de leur courroux, Ne s'agite plus sur ta tête.

Sur les côtes peu fréquentées, les mouettes, les goélands, étonnés de voir l'homme, et attirés par la curiosité, viennent voltiger autour de lui en poussant des cris bizarres : c'est surtout à l'approche de la tempête qu'on les voit s'agiter et poursuivre le voyageur et le nautonier. Quelques unes des petites îles désertes de Basse-Bretagne servent de refuge aux oiseaux de mer, qui y viennent faire leur ponte auprinlems; les riverains vont y chercher des œufs qu'on y trouve en grande quantité.

La bernache , ou plutôt le cru van t de Buflou , s'abat quelquefois en nuée immense ; la mer en est couverte : lorsque la troupe se lève, le bruit de ces millions d'ailes ressemble à celui de la tempête. La bernache est un mets estimé des Bas-Bretons ; quand le paysan parvenait a la tuer, il allait la présenter à son seigneur.

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Le barde dans ses chants a dit que j'étais belle j Ah , que je suis heureuse ! Ur-Ma^-Han le saura ï Ur-Maz-Han le héros , Ur-M az-Han le fidèle ; Il entendra le barde , Ur-M az-Han m'aimera.

Guerrier, que je voudrais devenir ton amante ! Guerrier, si tu m'aimais, quel serait mon bonheur! Que je voudrais , ami , presser ta main vaillante , Et sur mon sein brûlant sentir battre ton cœur !

Ah, qu'un héros est beau! qu'il est digne de plaire \ C'est en vain que le tems a sillonne son front : La victoire embellit celui qu'elle préfère , Et jusqu'au dernier jour ses regards charmeront.

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