LE SILENCE
Mais taisez-vous ! de la prudence !
Laissez-moi diriger vos coups ; Silence, eiifuas, faites silence!
Taisez-vous, amis, taisez-vous!
Le brave aussi quelquefois dissimule, La ruse encore est permise au guerrier j Dans les combats le plus vaillant recule , L'honneur se couvre aussi du bouclier ;
Mais taisez-vous ! de la prudence !
Laissez-moi diriger vos coups ;
Silence, enfans, faites silence!
Taisez-vous , amis , taisez-vous '.
Les voyez-vous étendus sur la plage?
Ne sont-ils plus? et, vomis parles flots, Sont-ils venus demander au rivage L'asile des tombeaux?
Leur vaisseau, frappant sur la roche, N'est déjà plus qu'un vain cercueil ; La voile tombe à notre approche Ainsi qu'un vêtement de deuil.
Mais du cap que la vague éclaire, A disparu le cormoran ; ' Le dauphin , évitant la terre , A replongé dans l'océan.