HO LA FEINTE
D'où vient qu'oubliant sa pâture »
Prévoyant un secret danger, 1 Le corbeau sur la sépulture Cesse déjà de voltiger?
Le cruel étranger, dissimulant sa rage,
Aurait-il feint un perfide sommeil?
Cacbé sous le linceul , soupirant le carnage , Songe-t-il un sanglant réveil?
À ses côtés brille le glaive, Son casque a murmuré des sons :
Voyez, il s'agite, il se lève, 11 vient : amis, nous combattrons.
Approche , fils des mers , tes efforts téméraires Aujourd'hui t'ont conduit au port,
LA FEINTE. !ll
Tu ne reverras pas la tombe de tes pères Et tu n'en as point sur ce bord.
Ton œil interrogeant l'espace , Tu veux t'élancer sur mes pas j Vain courage, inutile audace, fils des mers, tu périras.
Si Belenus t'a promis la victoire, Belenus a promis en vain , Et c'est pour servir à ma gloire Qu'ici t'amène le destin.
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* Mais du cap, que la vague éclaire, A disparu le cormoran.
Sur toutes les pointes des rochers de la rive -vous apercevez un cormoran solitaire ; il a l'air de penser : si vous approchez, il s'en vole lourdement ; ou croirait qu'il regrette sa méditation troublée.
* D'où vient qu'oubliant sa pâture, Prévoyant un secret danger.
Le corbeau , qui s'approchera sans crainte d'un cadavre , j'éloigne avec défiance d'un homme endormi.
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SU JFlktu-
Quitte l'esquif , le Léonois s'avance ,
Allons, Ar-Bleyz, prends ton arc et suis-moi;'
Ne tarde pas, sa dépouille est à toi
Si d'un seul coup il tombe sous ta lance.
Prends ce sentier, évité ses regards ,
Son œil est prompt, son souffle est redoutable;
N'affrontons pas de funestes hasards,
Porte de loin un coup inévitable.
La flèche siffle, Ar-Bleyz, il est frappé; Courons, courons, et tressaillons de joie; Vois de son sein le râle entrecoupé, Courons, la mort nous livre notre proie.