‹ Chants armoricains, ou Souvenirs de Basse-BretagneChapitre 31 sur 79 · H. II · texte numérisé non relu

H. II

el décerne prouve qu'il* n'ont pas oublié leur origine. Le dialogue suivant, dont l'auteur fut témoin» fera mieux connaître l'esprit de ces débris de la race celtique.

Les deux frères K.... faisaient partie d'une brigade dos

environs de Morlaix ; l'aîné était sous-lieutenant elle cadet

préposé : un jour, ce dernier n'étant pas venu à Tordre ,

le sous -lieutenant fut le trouvor, et lui dit :« Je suis étonné*

« chevalier, que vous ne vous soyez pas rendu à votre

u devoir. — Monsieur mon frère ,. répond le chevalier, je

« sais ce que je vous dois comme mon sous-lieutenant et le

a chef de notre maison , mais je ne puis me. rendre à l'or-

« dre, car je ne fais plus partie de votre brigade. — Qu'est-

« il donc arrivé, chevalier? — Monsieur mon frère, j'ai

« remis ma commission. — Auriez- vous fait une faute ,

« chevalier, et manqué à votre service? — Monsieur mon

« frère, vous savez que ce n'est pas l'usage de notre maison,

a mais je veux vivre de mon bien* » Or, ce bien était une

ferme de 250 francs de rente , l'héritage de ses pères.

Chantez encor, que l'écho du rivage Porte vos chants au pilote étonne' ; Le torrent gronde , à l'aspect de l'orage Chantes encor, l'heure n'a pas sonne'. '

Laisses encor reposer votre lance, Laissez encor votre dogue enchaîne'; N'appelez pas l'instant de la vengeance , N'appelez pas , l'heure n'a pas sonne'.

Buvez encor, buvez, le soleil brille, Buvez aux dieux , les dieux l'ont ordonne' ;

Dans le foyer que la flamme pétille, Buvez, encor, l'heure n'a pas sonne.

Paix! écoulez : du barde de la guerre La harpe d'or au loin a résonne ; Il a redit vos exploits à la terre , Paix! écoutez, l'heure n'a pas sonne'.

Gloire an guerrier! qu'ils' arme, l'heure approche; Déjà la nuit a couvert les vallons, L'oiseau du soir a chante sur la roche :

Gloire au guerrier ! l'heure sonne , partons !

sr<Dva<>

1 Chantes encor, l'heure n'a pas sonné'.

Avant que les cloches ne fussent connues dans l'Annorique, on s'y servait de pierres appelées pierres sonnantes : on en trouve encore prés de quelques chapelles , notamment à Saint-GikU^, sur les bords du Blavet : eu les frappant avec une masse, on en tirait des sons qui s'entendaient assez loin.

îir aai.

J'ai franchi lé tarent. : dëjà sttr la tnôtftagtte Trois fois a retenti le cor, Nul ne paraît dans la campagne* Ur-Mazr-rîan ne vient pas encor.

Qu'est devenu celui que ne pouvaient abattre Ni le malheur ni les tourmens, Ce héros qu'on a vu combattre Contre l'effort des elémens?

Le courage d'un seul étonne sa vaillance 7 Son pied craint de fouler ces lieux y

Page 1