LE PRESAGE
Ecoute sans frémir tes chants tristes , funèbres, Semblables au cri du mourant?
Je t'entendis ce jour où la mer en furie Trois fois s'élança sur nos champs $
Je t'entendis encor ce jour où la patrie A vu succomber ses enfans.
Et la nuit de douleur, cette nuit où l'abîme Saisit le dernier des héros ;
La veille tu chantais , tu voyais la victime Et tu souriais à ses maux.
Malheur à la colline ! où ta tête repose
La fertilité' disparaît ; Ton aspect odieux a dessèche la rose
Et brûlé l'herbe du bosquet.