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Lorsque de l'édifice immense
Elevé sur ce continent
Par les preux de l'ancienne France Québec restait seul et tonnant, | Lorsque dans la luite dernière
Il défendait notre bannière
Pendue à ses canons rouillés
Jaloux de sa gloire si pure, Accomplissant ton œuvre obscure, Tu livras nos murs mitraillés !
L’Anglais sut comment on te nomme ; Il plongea ton nom dans l'oubli |
S'il fut resté, honte de l’homme,
Le mépris l’eut enseveli |
Aux générations futures
Plein de hideuses flétrissures
Ce nom roulerait détesté,
Et tos fils, honteux de ton crime Renieraient, œuvre légitime,
Le nom que leur père a porté!
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Montcalm, quand l’aube matinale Le surprit moitié désarmé, Comprenant ton œuvre infernale, Tout bas peut-être t’a nommé.
Victime d’un crime homicide,
Son regard mourant mais lucide A dùû saisir tes traits affreux,
Et cette vision horrible
À dû troubler la mort paisible
Du plus vaillant d’entre les preux.
La trahison pouvait l’abattre, Mais la lutte franche, jamais | Pendant cent ans un contre quatre Ainsi se battaient les Français !
Lorsque sur son front qui rayonno Québec déposa la couronne
De gloire et d’immortalité,
Ta dépouille sans sépulture
Des vils corbeaux fut la pâture Par un châtiment mérité !
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Pourquoi faut-il que notre histoire, Honneur du noble sang gaulois, Mette une tache à notre gloire
Une ombre à nos brillants exploits ?
O le rapprochement étrange |
Un nom qui se perd dans la fange Près d’un nom qu'on élève aux cieux | L'un cache sa honte éternelle,
L'autre d'une gloire immortelle Emplit un passé glorieux |
Oublions cet infâme traitre
Pour nous souvenir du héros.
Ce nom maudit pourrait peut-être Troubler son glorieux repos.
Sa grando ombre peut nous entendre !
Ne remuons près de sa cendre
Que des souvenirs immortels.
Couvrons de fleurs son mausolée
Et que la foule rassemblée
Lui dresse aujourd’hui des autels,
Mais que le poüple se souvienne Que le poète est un vengeur
Et que sa muse est la gardienne De la foi sainte et de l’honneur ; Que si des héros de l’histoire Elle aime à fixer la mémoire Dans de fiers accents dignes d'eux Sa voix tout-à-coup vengeresse Des traitres au pays s’empresso De flageller les traits hideux.
Ode à Crémazie,
Le long des rives du grani fleuve Le glas des morts s’est promené, Car la patrie en deuil est veuve s De son poète infortuné.
Partout où résonna sa lyre
Au souvenir de son martyre
Des larmes saintes ont coulé :
Et du toit de l’humble chaumière
S'élève une ardente prière
Pour le repos de l’exilé.