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Il fut le chantre de nos gloires,
Le barde aimé des jours ancions | Où sous le poids de leurs victoires [A Tombaient les héros canadiens.
Plein de l’amour de la patrie,
Il consacrait tout son génie
A la célébrer dans ses vers,
Et ses accents patrintiques,
Ressuscitant les proux antiques,
Les révélaient à l'univers.
Du champ labouré par les balles
Il leva le sanglant sillon,
Chantant les luttes colossales
Et le Drapeau de Carillon.
Sa muse aux ailes intrépides,
Dédaignant les bruits insipidos
Dont son génie était lassé
Cherchaït dans un rêve sublime
Esprit planaut sur un abime, ; Les grandes rumours du passé |
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Pour célébrer notre épopée O maître, tu fus sans rival !
Saluant la croix et l'épée,
Tu chantas Montcalm et Laval.
Saints martyrs de la colonie, Héros, frères de ton génie, Défilent, graves, sous tes youx ; Tout ce que le passé recèle
De faits sublimes se révèle
À ton rogard audacieux.
Un jour, flagellant ton g:nie, Le vent d'orage t'emportu.
Tu connus la longue insomnie Sous l’humble toit qui t’abrita.
Proscrit de ta rive sereine,
Tu promenas une âme pleine Des regrets qui t'ont consumé, Et quand vint l'heure déchirante Par une main indifférente
Ton regard éteint fut fermé |!
LM
Sur le cercueil qui te renferme
Avec nos pleurs jetons l'oubli ;
Que la couvercle se referme 4, Sans insulto à ton front pâli ;
Oui, paix à ton âme chrétienne, Et que l'église se souvienne
Des hymnes que chantait ta voix ; Tu mérites qu’on te pardonne
Car tu portes double couronne, Poète et martyr à la fois |
Faut.il que ta dépouille chère | Dorme toujours si loin de nous ?
Ne verrons-nous pas ta poussière
Sur ces bords dont tu fus jaloux ?
Noble et suprème apothéose |
J1 faut que ta cendre repose Près des héros que tu chantas, Et que ta lyro harmonieuse Plane sur la ville oublieuse
Qui maintenant te tend les bras.
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Nous salucrons avec ivresse Ce jour que devansent nos vœux à sur ces bords que le flot presse Tu dormiras près des aïeux. :
Quand notre rive encor fidèle Verra ta dépouille mortelle Rendue à ce sol orphelin Une acclamation immense Fera bondir, notre vengeance | La vieille cité de Champlain |
Et sur ton humble mausolée, Marbre rayonnant de ton nom, Planera ta muse mêlée
Aux grondements sourds du canon.
Et toutes les rumeurs de gloire, Echos lointains de notre histoire, Viendront se donner rendez-vous Sur la tombe où tes jeunes frères, Mélant leurs hymnes funéraires,
Te veilleront d’un œil jaloux.
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Et moi dont la muse craiative
Fuit les grands vols avec effroi,
J'irai d’une larme furtive À:
Mouiller un jour ton marbre froid,
Et, recueilli sur ta poussière,
Dire au Seigneur une prière
Qui fera tressaillir tes os
Plus que ces strophes solennelles
Qui couvrent de leurs blanches ailes
Le lieu sacré do ton repos.
Et je dirai tous bas ; Ô maitre
Vers nos rivages revenu,
Daigne un instant me reconnaitro
Moi pauvre poète inconnu.
Perdu dans la noble phalange
Qui jette un hymne de louange , Sur ton cercueil sitôt fermé,
Devant ta dépouille attentive
Je jette ma note plaintive,
O mon poète bien aimé |
La Pensée,
Au Dr, Nérée Beauchemin.
Ce siècle va la tête altière Au bruit du progrès bourdonnant Et le démon de la matière Pou: uit son travail étonnant
: Du sommet des plus hautes cimes Où croissent les cèdres sublimes Jusques au fond de l'océan, Partout révélant sa puissance L’homme, guidé par la science, A plongé son-bras de géant.
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Il a bouleversé la terre
Et déchiré son sein fécond, «Lx Il a pénétré le mystère
Flottant dans le grand ciei profond.
Bientôt emprisonnant la foudre,
Lui, ce géant qu’un peu de poudre
En cendres sitôt réduirait,
J1 la dirige à son usage,
La rend docile autant que sage
Elle rapide comme un trait !
La vapeur captive promène
Celui qui la tient dans les fers
Et jette la poussière humaine
Aux quatre coins de l’univers.
Sur la terro ainsi que sur l’onde
Partout sa puissance féconde
Réduit le travail de la main
Jusqu'à ce que son œuvre utile,
En merveilles toujours fertile
Croise les bras du genre humain ! 2
Île
La matière ainsi se réveille
Le A la voix du progrès puissant Et chaqne jour d’une merveille Passe le nom retentissant.
Dédaignant l'appui d’Archimèêde, Le savant devant qui tout cède Etreint dans ses bras l'univers Et rit du poète qui passe En faisant rotentir l’espace Du bruit passager de ses vers !
Un siècle étrange où la pensée Livrée aux choses de l'esprit
N'a plus, errante et délaissée,
Un seul ami qui lui sourit ;
Un siècle où partout l’on acclame Un bras qui par un coup de rame Aura distancé son rival,
Si bien qu’Hanlsn couvert de gloire Eelipse aujonrd’hui la mémoire
De Frontenac et de Laval!
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Lorsque les flots de la Tamise Cèdent sous l'effort des rameurs,
À ce spectacle qui le grise
Le peuple lance ses clameurs Silence ! l’univers écoute !
L’heureux vainqueur de cette joute .
De lauriers cueille sa moisson,
Et le grand peuple anglais si calme Fnivré, lui jette la palme
Que mériterait Tennyson |
Do ces nobles jeux athlétiques
Un grand peuple doit être fier.
Les Grecs dans leurs jeux olympiques Applaudissaient un bras de fer;
Mais pendant que la foule avide Suivait un lutteur intrépido
Au sein de combats meurtriers,
Si soudain chantait une lyre,
La foule, oubliant son délire, Couvrait le barde de lauriers.
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