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Plongée un siècle entier dans ses fréquents orages,
Elle avait oublié le peuple délaissé.
Rien ne la rappelait vers nos humbles rivages, Elle qui brisait son passé |
Mais le ciel est moins noir ot l'orage s’apaise |
La France a pris le temps de se ressouvenir |
Etonnée,; elle voit sous la bannière anglaise Des fils nombreux se réunir !
Nous vous saluons tous, grands citoyens de France; Vous êtes nos amis et nos frères ainés, Après avoir été la dernière espérance.
De nos héros abandonnés |
Vous ne revenez pas avec le lourd tonnerre
Comme vous attendait le vieux soldat mourant ; | Vous venez célébrer 14 fète centenaire
: \ Des joyeux fils du Saint-Laurent.
Vous vonez entourés d’un reflet pacifique,
La foudre dort aux flancs de vos larges vaisseaux
Et vous jetez aux vents de la jeune Amérique, Sans la troubler, vos vieux drapeaux |
Contemplez notre force et comptez notre nombre
Et dites à la France, enviant nos succès,
Ce que peut accomplir sous la verge et dans l'ombre L’héroïsme chrétien, le courage français |
Car nous avons la foi, car nous avons la sève
Qui font les peuples forts, les rameaux vigoureux, Aussi sur cette rive un peuple entier se lève ;
Les flots du Saint-Laurent ne sont pas plus nombreux.
Noblesse et Roture,
À l'abbé J. À. Gingras.
Un roi lâche oubliant nos luttes centenaires
Un jour laissa tomber de glorieux enfants Abandonnés ainsi que de vils mercenaires
Qu'on livre sans remords aux soldats triomphants.
Quand le sang de nos preux féconde l'Amérique Des bords de l’Orégon aux monts du Labrador Ce roi, pour rajeunir sa vieillesse lubrique,
Du sang de ses sujets emplit ses coupes d’or!
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Quand le jeu des tambours et le bruit des batailles Dans nos champs étonnés promènent leurs concei ‘s L’orgie épouvantable, enivrant tout Versailles, Trouble de ses clameurs l'écho du Parc-aux-cerfs.
Malgré cet abandon la lutte fut superbe ; Sur l’héroïsme enfin le nombre l’emporta,
Et le peuple martyr moissonné comme l'herbe Connut comme le Christ les pleurs du Golgotha!
Alors ceux qui craignaient la verge tyrannique Des vainqueurs insolents s’enfuirent par milliers, Alors on vit partir la noblesse héroïque,
Les comtes, les barons et les hauts chevaliers.
On les vit s’'embarquer sur les flottes anglaises, Pour aller loin d'ici redorer leur blason,
Et fuyant l'ouragan, hôte de nos falaises, Cherchor un ciel plus doux, un moins sombre horizon.
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Les malheureux fuyaient les champs pleins de leur Fatigués et vaincus ils voulaient le repos. [gloire ; La révolution, méprisant leur histoire,
Survint, versa lour sang et dispersa leurs os!
Sur ces rives du moins ils combattaient en braves :
Héros, on les voyait combattre des héros,
Tandis que sans honneur, de l’anarchie esclaves,
Leur tête a rencontré la hache des boureaux. |
Mais lorsqu'ils nous laissaient,ces nobles fils de France, Pour éviter le joug des anglais détestés,
Prêts à combattre encor, forts contre la souffrance, Les humbles, les obscurs vaillamment sont restés.
Nous sommes tous restés, nous fils de la roture, Pour cultiver ces champs noblement défendus, Pour donner à nos morts la sainte sépulture
Et recueillir partout nos vieux drapeaux perdus,
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Oui nous sommes restés pour démontrer au monde Qu’'une blessure au cœur peut se cicatriser,
Que notre sang est pur ; que le sol qu’il féconde Peut enfanter des preux sans jamais s’épuiser.
Oui, nous sommes restés, braves entre les braves, Oui, nous avons subi la morgue du vainqueur,
Et nous avons brisé de puissantes entraves
Une fois l’arme au bras, toujours l'espoir au cœur.
Nous nous sommes groupés tous autour de nos prêtres, Ces fidèles gardiens de la foi des aïeux
Qui savaient affronter nos despotiques maîtres, | La croix sur la potrine et la paix dans les yeux.
Aussi voilà pourquoi la superbe Angleterre Voyant des Canadiens le sang se ranimer F A voulu laisser croître en paix sur cette terre |
Des bras pour la défendre et des cœurs pour l’aimer. |
Voilà pourquoi la France à travers ses orages Salue avec orgueil ce rejeton béni
Et reconnait enfin sur ces lointains rivages Le Franc régénéré, le Gaulois rajeuni.
Nos gloires.
A Monsieur Fabien Vanasse, M. F.
Non fecit taliter omni nationie
Jaloux de ses grands noms, tout peuple a son histoire, Et nous avons la nôtre écrite avec du sang.
Nous avons traversé deux siècles de victoire, Nuage enveloppant de fumée et de gloire Tout un peuple naissant.
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Evoquons aujourd'hui dans la fête publique
Tous les vieux héros morts qui furent nos aïeux, Lançons aux quatre coins de la grande Amérique Leurs exploits immortels et leurs noms glorieux ! Nommons avec orgueil le brave d’Iberville,
Le noble Frontenac, l'audacieux Cartier,
Daulac, l’'humble héros, Verchères, la virile,
Qui parmi tous ces preux marche le front altier.
Saluons un grand nom dont la Patrie est fière ; Québec, le vieux Québec est l’œuvre de Champlain. N'oublions pas Lévis / Dans sa gloire éphémère L’audacieux faillit un jour rendre la mère
À son fils orphelin.
Sur nos rives la croix lutta près de l’épée ;
Brébeuf et Lallemant brillent près de Laval,
Et plus humble au milieu de la grande épopée,
Le pieux Maisonneuve est nommé leur rival.
Pionniers immortels, l’aventureux LaSalle, Marquette et Joliet, dans des pays nouveaux, Lèguent avec orgueil, à l’œuvre colossale |
Tout un monde à la Francs, au progrès leurs travaux.
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Quels combats gloricux près de ces noms magiques |
Ecoutez le canon de Monongaheéla !
Dans ces champs labourés par des mains pacifiques,
Encor remplis du bruit de ces temps héroïques L'étranger dit : c'est là !
Epoque solennelle où l’héroïsme abonde,
Où, sauvant son drapeau qui n’est plus qu'un haillon,
La France fait surgir de sa veine féconde
La Tour à Port-Royal, Montcalm à Carillon / - Où plus tard, devenus les vrais fils de nos pères,
Nous versions notre sang tant de fois prod'gné.
Quand, chassant l'ennemi de nos plaines prospères,
Salaberry vainqueur nous donnait Chéteauguay !
O mon noble pays, que! passé magnifique |
Quels merveilleux récits à dire à tes enfants !
Le sang de tes héros par toute l'Amérique |
Jadis a fécondé, du Golfe au Pacifique, | :
Leurs traces de géants |!
Par tout le continent, le long des vastes fleuves, Au fond des bois épais se dresse un souvenir, Et suprême leçon, de ces grands jours d'épreuves,
Le passé déjà vieux enseigne à l’avenir.
De nos illustres morts la renommée accrue, Cherchant leurs vieux tombeaux, proclame leur succès, Jusqu'au fond des déserts le soc do la charrue Remue à chaque instant des ossemonts français !
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Après tous ces grands noms exhumés entre mille O frères, saluons encore avec respect
Los Bédard, les Viger, l’éloquence virile
Après le sabre et le mousquet,
N’allons pas oublier dans ce jour de mémoire Papineau, le tribun, et le second Cartier, + Des vertus de Laval ainsi que do sa gloire Plessis fut le noble héritier.
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DeLorimier, Duquet, Cardinal, à victimes
Dont le patriotisme avait armé le bras,
Vous aviez des vertus ; on les nomma des crimes... Et le crime mène au trépas |
Martyrs de la patrie, âmes grandes et fortes,
Patriotes taillés pour faire des héros,
Vous avez fait trembler de superbes cohortes Pour tomber devant les bourreaux !
Quel moment glorieux quand notre Lafontaine, Calmant les flots grondants du peuple révolté, Força sans coup férir Albion la hautaine
A nous donner la liberté |
Iuclinons-nous aussi sur des tombes modestes, Sur vous qui de l’histoire avez scruté les plis, Laverdière, Garneau, Ferland, 6 nobles restes
Sous le travail «nsevelis,
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A. te
Saluons en passant la sainte poésie,
Rappelons-nous les chants d’un barde harmonioux ;
Que la Patrie en pleurs te place, d Crcmazie, Parmi ses enfants glorieux !
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Soyons fiers ! nous avons un passé sans exemple, Rempli de grands exploits et de hautes leçons. À no3 nobles aïeux la glaire ouvre son temple ; C'est à nous, leurs enfants, d’y buriner nos noms.
Do ce passé géant rien ne manque à la gloire. Le poète surgit pour chanter le guerrier ;
Nous avons l’éloquence et nous avons l’histoire, Et la palme repose à côté du laurier.
Scrutons avec orguoil ces immortelles pagos, En n'oubliant jamais de nous ressouvenir
Aux héros du passé, dans les gran 1s jours d'orages, : Répondront aussitôt los preux de l'avenir !
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Le vieux drapeau,
à 'Honcrable P-J.-O. Chauveau.
Tout peuple est fier de sa bannière Qu'il promène par l’univers.
Hier roulant dans la poussière Mais demain flottant dns les airs, Ce drapeau veut dire Patrie, On aime avec idolâtrie Ses plis glorieux et sacrés, Et le cœur gonflé se soulève Lorsque le vainqueur qui l’enlève En pare ses temples dorés.
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Car ce drapeau c’est un symbole Qui parle à tout homme de cœur.
Sur lui s'attache l’auréole
Plus durable qu’au front vainqueur.
Afin de rendre plus vivace | Le patriotisme qui passe
En brûlant le cœur du soldat
. Ce drap qu’à la hampe on attache Un général aura pour tâche
De le lancer dans le combat.
Le lourd boulet pourra l’atteindre, Le feu consumer ce haillon
Et le bras chargé de l’étreindre Rouler dans le sanglant sillon,
Mais pour que l’ennemi s'empare Aux sons aigus de sa fanfare |
De ce vieux drapeau tout criblé
Il faut que l’airain redoutable Fauche, en son œuvre épouvantable, J'out un régiment mutilé |
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