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Chants & chansons populaires

Ce volume commence le cycle de nos chansons anecdotiques. A côté de gracieuses ou naïves fantaisies , créations coquettes et pimpantes , telles que celles qui composent notre première série , le lecteur en trouvera d'autres (pic semble surtout animer T esprit « gaulois », souvent tenté d'abuser de la liberté d'allure ,• cl rendant ainsi délicate la tâche de V éditeur.

Le classement des chansons, je l'ai déjà dit ailleurs , ne peut pas être rigoureusement exact ni logique : beaucoup de celles qui figurent ici pourraient tout aussi bien se ranger dans les séries de chansons de galanterie, d'amour ou de mariage.

Depuis la publication du premier volume de ce recueil , j'ai eu le profond regret de perdre mon collaborateur , auquel me liait une amitié de quarante ans, J -G. Dé n a va ire, qui nota avec tant de soin nos mélodies nivernaiscs. La presse lui a consacré d'élogieux articles nécrologiques ; on ne s'étonnera pas de voir ici relaté un extrait de celui du Monde musical :

« L'excellent musicien Jean -Grégoire Dénavaire vient de mourir après une courte maladie, à Paris, à l'dge de soixante-sept ans. Dénavaire était une des figures les plus humoristiques de la musique. Il avait conservé une verve, un entrain, une exubérance toute méridionale , et sa physionomie, qui s'encadrait dans de longs cheveux de saule pleureur , avait une bonhomie toute particulière... Il laisse un bagage musical fort important de musique légère, pimpante, non dépourvue de sentiment et de poésie, et dont la réalisation est excellente. Nous citerons trois opéras comiques en un acte: Ni licite et Ninon, le Contrat, Monseigneur Scapin ; un ballet : la Folie espagnole; les Ouvertures dramatiques de Torquato Tasso, de Miguel Cervanlès, et le poème symphonique avec chœur : la Vision des Croisés, dans lequel Dénavaire montra que le domaine de la musique élevée ne lui était pas inaccessible.

j) A son Concerto pour violon , on pourra préférer des pages de moindre dimension , lels ses petits poèmes musicaux : la Plainte, le Matin, le Soir, la Barque, ou il fait dire à l' archet un chant simple et poétique... On trouvera dans le recueil de Vingt mélodies, dans les Vieilles chansons sur de nouveaux airs, dans les chœurs à quatre voix d'hommes ou d* enfants et dans la musique de piano , telles pages qui sont celles d'un artiste attendri ... »

Le bon professeur nivernais, abbé Jacquand , a bien voulu suppléer Pënavaire pour la correction des épreuves de nos mélodies.

En tète du volume figure un dessin composé spécialement pour celle publication par notre regretté compatriote , le maître peintre Hector llanoteau qui , enthousiaste des vieilles chansons du pays, prenait plaisir Joui en les fredonnant, à les exprimer par le crayon ou par la plume.

Puisse le public érudit et savant réserver à ce second volume la faveur qu'il a accordée à celui des « Complaintes et Chants historiques » !

Heaumonl-la-Femère, avril 1008.

Chansons anecdotiques

La chanson anecdotique n'a pas l'allure héroïque ou sombre de la complainte, elle est d'un caractère moins sérieux, d'un ton moins soutenu; si elle met en scène les mêmes héros , elle leur donne une tout autre figure. Elle nous rapproche du réalisme quotidien où elle puisera bientôt ses sujets . Une série de chansons roulant sur des thèmes imaginaires ou encore romanesques servira de transition entre les complaintes des chapitres précédents et les chansons qui nous diront les petites aventures familières, les tours facétieux et satiriques oit se plut toujours l'esprit « gaulois ».

SUJETS IMAGINAIRES OU ROMANESQUES

La Barbièrc

Allegro moderato

Dans Pa- ris y a un’ bar - biè - re Qu’est plus bel - le que le

! | Fy. -ff I :~rs L : rr^EE! •

jour. DansPa-ris y a un’ bar- biè- re Qu’est plus bel - le que le

^ ^r>v * I -4 -—rtn»-- m * - — J:

jour. Y a t’un jeu - ne -ca - pi - tai - ne Qui s’en va lui fair’ l’a -

irr=fc=r^=z^z

r^nT’

raour Qui s’en va lui fair’ l’a - mour.

CHANSONS ANECDOTIQUES

Dans Paris y a un’ barbière Qu’est plus belle que le jour.

Y a t-un jeune capitaine Qui s’en va lui fair’ l’amour, [bis)

Oh ! comment faut-il donc faire Pour (c) gagner ses amours?

— Faut lui jouer des aubades,

Des aubad’ au point du jour, [bis)

La barbière se réveille,

Elle se lève aussitout,

Met la tète h la fenêtre :

— Beau monsieur, que voulez-vous ? [bis)

— Je voudrais fair’ fair’ ma barbe,

Bell’ barbièr’, la ferez-vous ?

— J’ l’ai bien faite au roi d’Espagne,

Je la ferai bien à vous, [bis) (1)

Entrez, entrez dans ma chambre,

Beau monsieur, asseyez-vous.

Elle appelle sa servante :

— Marguerite, levez-vous, [bis)

Apportez-moi mon plat d’or (e),

Mes rasoirs qui sont autour,

Et aussi ma belP serviette Qu’est pliée au pli d’amour, (bis) (2)

Premier coup d’ rasoir qu’ell’ porte,

L’ beau monsieur chang’ de couleur:

— Est-c’ mon rasoir qui vous blesse ?

Pourquoi ne le dites-vous ? [bis)

G’ n’est pas vot’ rasoir qui m’ blesse,

Qui m’ fait changer de couleur.

Non, c’est vos amours, la belle,

C’est que j’ pense à vos amours, (bis)

— Mes amours, mes amourettes,

Beau monsieur, n’ sont pas pour vous.

EU’ sont engagées sur mer (e)

A plus beau galant que vous, (bis)

bis .

bis .

bis .

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis .

Variantes :

(1) J’ la frai aussi bien à vous.

(P. Hisquin , Dompierre-sur-Nièvre) .

(2) Qu’est brodée au point d’amour.

(Marie Berthe , femme Ledoux , Fougues , i82i).

Le marinier qui les mène A culotte de velours,

JLTn chapeau fait à la toque, Un plumage tout autour, (bis)

(. Annette Thomas, femme Renaud , Beaumont-la-Ferrière, 1836).

Allegro moderato

h» . m -jÿ^zpzl

[zp b=b=^=i

Dans Pa-ris y a un’ bar-bic-re Qui est bell coin nie le

If *

C’é - tait

trois jeun’ gen - tils -

lioin-mes

Qui voulaient lui

fair' Ta - mour.

Dans Paris y a un’ barbière Qui estbell’ comme le jour.

C’était trois jeun’ gentilshommes Qui voulaient lui faire l'amour.

Se disaient les uns aux autres :

— Grand Dieu ! comment ferons-nous ?

11 faut aller à sa porte

Pour lui souhaiter le bonjour.

Le plus jeun’ des gentilshommes,

Il connaît bien les détours. (1)

A la porte de la belle,

Va frappant trois petits coups (2)

— Qui frappe ainsi à ma porte,

Qui m’empêche mon repos ?

— Oh ! c’est moi, belle barbière, (3) La barbe me ferez-vous?

— Oh ! oui, mon beau gentilhomme, Je l’ai faite à d’autr’ que vous.

Montez là-haut dans ma chambre,

De suit' je monte avec vous.

Premier coup d' rasoir qu’elP donne, Le galant chang’ de couleur.

— Est-c’ mon rasoir qui vous gêne ?

Ou bien si ça vient de vous ? (4)

— Oh ! non, non, belle barbière,

Ça ne vient ni d’ moi ni d’ vous,

Ça vient d’ vos amours, la belle,

Que j’espère avoir un jour.

— Mes amours, mes amourettes, Sont bien éloigné’s de vous ;

Elles voguent sur la Seine,

Vont la nuit comme le jour.

Le marinier qui les mène,

C’est un autre amant que vous.

11 porte de beaux, bas rouges,

Des culottes de velours.

Marie Guilletat , veuve Dapoigny , La Chapelle- Saint- André, 1820).

Variantes

(1) Dit : Je parlerai pour tous.

(2) Trois p’tits coups frappant tout doux.

(Plt. Septier , Saint- Aubin).

(3) Levez-vous, belle barbière.

(4) Pourquoi ne le dites-vous?

{Femme Peyronnet , Poiseux , 1850).

CHANSONS ANECDOTIQUES

Allegretto

Jt=&.

— hi - h—

C’est à

Pa -

ris la jo - li’

vil - le,

=jt~. V— Ud

Ou nous é -

•TT— - -VJ-t - - - F— * - M - V—'— -^=P=

tionsl’aut'de ces jours. On dil qu’y au- ne bar- biè- re Qui est jo¬

li’ com-me le jour.

C’est à Paris, la jolie ville,

Où nous étions l’autr’ de ces jours.

On dit qu’y a une barbiôre Qui est jolie comme le jour (2)

Mais nous étions trois galants frères ;

Tous trois voudraient lui fair’ l’amour.

C’est le plus jeun’qui dit aux autres: (3)

— Comment donc lui parlerons-nous?

Il faut aller fair’ fair’ nos barbes,

Sans doute, ainsi, la verrons-nous.

— Bien le bonjour, belle barbière,

La barbe, nous la ferez-vous ?

— Je l’ai bien faite au roi d’Espagne,

Qui valait bien autant que vous.

Montez là-haut dedans ma chambre,

Je vais monter avecque vous (4).

Mais tout en rasant le plus jeune,

Trois fois il change de couleur.

— Est-c’mon rasoir(e) qui vous blesse?

— Non, c’est vos yeux remplis d'amour. (5)

— Oh ! mes amours, mes amourettes,

Eli’ sont bien éloigné’s de vous.

EU’ sont dans un vaisseau sur mer, (e)

Mon beau monsieur, c’ n’est pas pour vous.

( Eugénie Perroy , La Charité, ISft(j).

Variantes :

M) Le début de cet air rappelle*celui du fragment n° 2 , page 21 du l'T volume

(2) Tous les galants lui font l’amour.

(3j Hélas ! grand Dieu, comment donc faire Pour acquérir(e) ses amours ?

(Marie Dufond , Sermoise , 1868).

(4) Sur le fauteuil asseyez-vous.

(5) Non, ce sont vos tendres amours.

(Al. Cordonnier , femme Foiny , Châteauneuf, 182.).

Le Pommier doux

Chanson populaire Harmonisé par J.-G. Pénavaire

Allegretto grazioso. Grazioso

CHANSONS ANECDOTIQUES

Le Pommier doux

Allegretto grazioso

-ft

Der - riè - re chez

mon

pè - re,

Vo - le, mon cœur

^zhzi^=&— =z=^==-

vo - le, Der - riè - re chez mon

te

pè-re, Y a un porn-mier

> Dolce e un poco rit.

doux,

un

poni - raier doux, lié dou , Y a un

mier doux.

pom

Derrière chez mon père, Vole, mon cœur, vole , Derrière chez mon père,

Y a un pommier doux (bis)

Hé dou, (1)

Y a un pommier doux.

Que la feuille en est verte, Vole, etc.

Que le fruit en est doux.

C’est trois filles d’un prince, Sont endormies dessous.

Que répond la cadette :

— Non, ce n’est pas le jour.

Mais c’est la belle étoile De mon cher amant doux.

Il s’en va t-à la guerre,

Pour combattre pour nous.

S’il gagne la bataille,

Il aura mes amours.

— Oh ! qu’il perde ou qu’il gagne,

Vole , mon cœur , vole,

Oh ! qu’il perde ou qu’il gagne 11 les aura toujours (bis)

Hé dou ,

11 les aura toujours.

La plus jeun’ se réveille :

— Mes sœurs, voici le jour. (2)

{Louise Malville, veuve Martin, Saint-Malo, 1817).

Il existe une version à vers de cinq pieds : Derrièr ’ chez mon père

C’est un pommier doux .

Variantes :

(1) Toujours.

(L. Dubois, La Machine, 1831).

(2) Je crois que c’est le jour.

(M. Simonet, femme Thureau, Saint- Parize-en-Viry , 1843).

SUJETS IMAGINAIRES OU ROMANESQUES

La Fille du Roi qui prend envie d’une Rose

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