‹ Chants & chansons populairesChapitre 35 sur 88 · OIS · texte numérisé non relu

OIS

Dans son joli régiment. )

M’a envoyé un’ lettre,

Y a pas longtemps,

Que j’étais sa mignonne.

Lui mon amant.

(Jean Millieu , liavcau, /H02).

Engagé à cause de son père

Un poco moderato

J’vicns vous dire a - dieu, mon pè - re, Que vous n’mc re - ver - rez

LS

plus; Je m’en -gag’ sans plus at - ton- dre, Je veux quit- ter

le pa - ys. Je m’en vas dans l’A - mé - ri - que

Variantes :

(1) Avoir fusil et sabre, Chapeau bordé.

Et puis encor la taille Du grenadier.

(2)— Mon amant, Hong de la route S’en va toujours chantant.

Il a sa bourse pleine,

Il boit du vin,

Et moi, mon cœur s’enivre Dans le chagrin.

(Jacques Magnand, Mari in , i8i2).

GUERRE ET GARNISON

J'viens vous dire adieu, mon père, Que vous n’me reverrez plus.

Je m'en gag’ sans plus attendre,

Je veux quitter le pays,

Je m’en vas dans l’Amérique Soutenir(c) ma patrie.

Oh ! mais si je pars, mon père,

Ce n’est qu’par rapport à vous.

Vous m’avez donné la porte,

Que n’y avait plus d’pain pour moi.

Rappelez-vous bien, mon père,

Vos reproch’ d’hier au soir.

( Marguerite Fc rie t, femme

Vous serez tranquill’, mon père, Quand je serai loin de vous.

J’ai cinq frères au service, Grenadiers de bon renom,

Et moi, je suis le sixième,

Je m’cngag’ dans les dragons

Auparavant que je parte,

Je vais fair’ tous mes adieux A tout’ ces charmantes belles Qui en ont les larm’ aux yeux,

Et surtout à ma maîtresse Qui s’arrach’ tous les cheveux Guilletat , Beaumonl-la-Fernère , /SU)

La Chanson de la Réquisition

Allegro non troppo.

El.

Chau lons donc

la chan - son De la ré - qui * si-

lion, Que cha cun n’est pas mai - Ire Dans sa mai-son. Ou les voit,

ESEI

bêd

tq

: il

pi eu - tire, Nous fair’ mar - cher, C’est pour l’ar - niée.

Chantons donc la chanson De la réquisition,

Que chacun n’est pas maître

Dans sa maison

On les voit, ces gendarmes.

De tout côté,

Qu’ils vienn’ c’est pour nous prendre, Nous fair’ marcher,

C’est pour l’armée

Chers frèr’, si nous partons, ) Jamais nous ^reviendrons i lS‘ Nous embarqu’rons sur mer(e)

Dans un vaisseau,

Le fusil sur l’épaule,

Le sac au dos Et le shako.

Sur le port de Toulon On nous a débarqués.

On nous lit manœuvrer Par bataillons carrés On les voit ces jeun’ hommes De vingt-un ans,

Ils vienn’ pour prendr’ les armes Pas pour longtemps,

C’est pour sept ans

V’ià nos sept ans finis, |

Général nous a dit : j IS

— Allons, enfants, courage,

Encor deux ans.

Car nous irons en Prusse, Drapeaux flottants,

Tambours battants.

Vlà nos deux ans finis, Général nous a dit :

— Allons, enfants, courage, En France allons !

Nous irons voir nos blondes, Les plus jolies De nos pays !

(Jacques Magnard , Murlin, 1812}.

Allegro non troppo

La veilT de la

saint Jean, On vient nous a - ver-

II faut par

sans don - te Dieu promp-te

ment. C’est la loi qui l’or - don - ne, A - dieu pa¬

rents, C’est pour long-temps.

La veill’ de la Saint-Jean,

On vient nous avertir.

Il faut partir sans doute Bien promptement.

C’est la loi qui l’ordonne,

Adieu, parents,

C’est pour longtemps !

Tout de suite arrivés.

On nous fait manœuvrer.

Voilà de beaux jeun’ hommes De vingt-deux ans ;

Soldats, prenez courage,

Pas pour longtemps,

C’est pour dix ans.

(Louis l)

Voilà dix ans finis,

Mon capitain’ me dit :

— Soldats, prenez courage,

Encor deux ans,

Nous irons en Espagne,

Tambours battants Drapeaux volants.

— Si nous y allons, mes frères, Nous n’en reviendrons pas L’on nous mettra sans doute Dans un vaisseau,

Le fusil sur l’épaule,

Le sac au dos Et le shako.

t, Saint-Léjcr-de-Foiigcrct, 1838 ).

GUERRE ET GARNISON

Le Soldat mécontent

Allegro non troppo

Do bon ma - lin au point du jour, J’en-tcndsbair ce mau-dit tam-

^zbrb=^— U

bout*. De bon ma -lin au point du jour, J’entends bail’ ce maudit tam-

bour. Il nous ap - pelle à ce noble ex - er - cice, Et

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— i IN ^ —

Së:

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loi, pau-vre sol - dat, c'est ton plus grand sup - pli - ce.

De bon matin, au point du jour, )

J’entends batt’ ce maudit tambour. S ls'

Il nous appelle à ce noble exercice (Il

Et toi, pauvre soldat, c’est ton plus grand supplice.

Nos caporaux et nos sergents )

Nous l’ont placer de rang en rang. )

L’un dit: recule et l’autre dit: avance!

Et toi, pauvre soldat, faut prendre patience.

bis.

— La patienc’ que je prendrai (2) ) ^

C’est à la guerre, quand j’irai : )

Je te le jur’, soldat de la grenade,

Tout cela se paiera à la premièr’ campagne.

La campagne étant arrivée, I ^

Mon capitain’ je l’ai tué, (

Mon lieutenant et mon sergent sans doute (3) Courage, mes enfants, l’armée est en déroute.

Variantes :

(1) C’est pour aller à ce noble exercice.

Et toi. pauvre soldat, toujours dans le service.

(2) La patienc’ que nous prendrons,

Si jamais la guerr nous avons,

L est le fusil qui paiera les coups d’canne...

(3 j Mon capitain’, mon commandant J... F...

CHANSONS ANECDOTIQUES

Nos caporaux et nos sergents (1) i .

S’en vont tous boire le vin blanc. \ ;,s

Après cela ils s’en vont hoir’ la bière,

Et toi, pauvre soldat, va boire à la rivière.

Qui a composé la chanson ? \ ^

C’est un tambour du bataillon \ ,Ls

Et c’est un soir, en battant la retraite, Toujours en regrettant sa tant jolie maîtresse.

(Louis Mangin , Saint-Légcr-de-Fougeret , !8ô8).

Réfractaire et Déserteur

Moderato

« N v v fv N

Je plains le sort d’un jeun' gar - çon, Qui va re-

joindr1 son ba - lail - Ion, Con duit par la gen-dar-me-

ri - e, Au ré - gi - nient. Yoy -ez comni’ on lui fait de la

ne Ac’pauvreen - faut

pet

Variante :

(1) Voyez tous les jours, au matin,

Ces officiers au brandevin,

Au brandevin, au café, à la bière.

[Etienne Barbcrousse , Mornag , 1800).

Il ne faut pas nous étonner.

Si l’argent du prêt est mangé.

Nos caporaux boivent le vin, la bière.

{Joseph Fèvre} Saint-Saulge , 1810).

Comme contre-partie à ces chansons de mauvais soldats , nous trouverons, dans les chansons de métiers, V éloge de l'état militaire.

GUERRE ET GARNISON

Je plains le sort d’un jeun* garçon (1) En arrivant dans son pays Qui va rejoindr’ son bataillon, 11 fallait voir sa bonne amie :

Conduit par la gendarmerie (2) — Ouvre bien vite, ouvre la porte,

Au régiment. Ma Loïson,

Voyez comme on lui fait d la peine, A ton amant que ton cœur aime A c’pauvre enfant ! Depuis longtemps.

11 ne fut pas au régiment — Oh ! oui, la port’ je t’ouvrirai.

Qu’il a fallu prêter serment : Si tu m’apportes ton congé.

— Jurez, jurez, brav' militaire (3) — Oui, mon congé, je te l’apporte

Vaillant conscrit, Et bien signé ;

Que vous serez toujours fidèle 11 est écrit sous la semelle

A la patrie. De mes souliers.

— Oh ! je vous jur’, mon commandant, Il ne fut pas sitôt entré (5)

Qu’avant trois jours je fich’ mon camp. V’ià deux gendarm’ à ses côtés :

11 n’y aura ni roi ni reine (4) — Ah ! te voilà, brav’ militaire,

Ni généraux, Vaillant conscrit !

M’empêcher d’aller voir ma blonde Oh ! ta maison est au pillage Dans son château ! Et toi aussi.

— Je me fich’ bien de ma maison (6)

J’aime bien mieux ma Loïson,

Ma Loïson, ma jolie blonde,

Que j’aime tant,

C’est pour ell’ que mon cœur soupire A tout moment.

( Louise Malvy, veuve Martin, Saint-Malo, 1817).

Vari i

(1) Plaignons le sort de ces garçons Que l’on eimncn’ dans les prisons,

Dans les prisons, les cachots noirs

Les plus profonds.

Oh ! ils vont bien traîner la chaîne De la nation.

(Mari in- Po iseuæ) .

(2) Conduit de brigade en brigade.

( Prémery ).

(3) ... beau militaire.

(Mari in).

(4) Il n’y aura pas de gendarmes.

(Prémery).

Ces variantes sont de :

Jacques Macjnand , Murlin, Î812 ; Prémery, 1817.

(5) Ce ne fut point le matin jour,

Quatre gendarm* sont dans la cour.

— Ouvre la porf, beau militaire.

(Prémery).

Le lendemain, au point du jour,

Voici qu’on frapp* trois petits coups : — Réveillez-vous, beau militaire, Jeune conscrit.

(Murlin}.

(G) Je m’soucie bien ..

(Poiseux).

Et qui me cause tant de mal Et de tonnent !

(Prémery).

* Desjeux, Poiseuc , 1814 ; veuve Balet ,

Déserteur par peur du canon

Allegro moniale (allure de fanfare).

V fi . .

- pv-

VHV-J

Noussorom’ touscons-crits, il faut tous par- lir, Au ré* gi -

nient il nous faut battreaux champs. Je m’en vas quit-ter mon pa¬

ys; A- dieu mon père et ma bonne

a - mie Je m’en vas

dans la grande ar-mée. Pas pour long-temps car je vas dé - ser - ter.

Nous somm’ tous conscrits, il faut tous partir. Au régiment il nous faut battre aux champs. Je in’en vas quitter mon pays,

Adieu, mon père et ma bonne amie.

Je m’en vas dans la grande armée,

Pas pour longtemps, car je vas déserter.

Sitôt arrivé, Ton m’a présenté

Un’ veste grise, un p’tit bonnet carré ;

Des guêtres blanch’ et deux souliers, )

Ça sera pour me faire voyager S

Au bout de deux mois, moi, j’ai déserté,

Mais les gendarm’ m’ont bientôt arrêté.

Ils m’ont demandé mes papiers.

Je leur réponds : Dessous mes souliers.

J’suis un pauvr’ garçon déserteur Et malgré moi les canons me font peur.

Adieu, père et mère ; adieu, frèr’ et sœurs, Me voilà donc bien réduit au malheur !

Moi qu’étais garçon si heureux,

Me voilà rendu malheureux.

Pleurez, pleurez, mon triste sort.

Mais quant à moi, je n’désir que la mort.

(Lazare Ucvillcchaisc G lux, 1845)

GUERRE ET GARNISON

Le Déserteur fusillé

Allegro non troppo [style fanfare de chasse)

fs*

Ah! le triste é- tat que d’è - tre sol - dat ! Grand Dieu!

long r>

JC

le vois bien par moi. Ah ! le triste é - tat que d’ô-tresol-

— -æê ■ m - m

If :

lé, On m’a rat-tra - pé, Trois grc-na - diers de la ma- ré-cliaus-

sée. En pri

son

né, En pri¬

son ils m’ont em-nie - né.

Ali ! le triste état que d’étre soldat ! Grand Dieu ! je le vois bien par moi. J’ai déserté, on m’a rattrapé,

Trois grenadiers de la maréchaussée, En prison ils m’ont emmené,

En prison ils m’ont emmené !

bis.

La vill’ des galér’s (?) La ville où j’allais, ) Trois beaux bataillons m’attendaient, ) hls' Drapeaux flottants, musiques jouant,

Tambours battants, mon cœur s’en va mourant. Père et mère, plaignez mon sort,

Père et mère, plaignez ma mort.

Mes chèr(es) amis, avant que d’mourir, Laissez- moi écrire au pays.

Oui, laissez-moi écrire à mon sort (?) C’est le sujet qui me cause la mort.

Laissez-moi écrire au pays,

Laissez-moi écrire au pays.

bis.

Grenadier vainqueur, de moi n’aie point j Tire, tire-moi dans le cœur !... [peur] ; \ ^ iS *

Tout aussitôt l’grenadier tira ;

Tout à l’instant la cervelle sauta...

Mes chers amis, quel triste état,

Mes chers amis, que d’étr’ soldat !

(Marguerite Ferlet , femme Guillctat, Beaumont-la- Ferrière, I8i4).

CHANSONS ANECDOTIQUES

Le réfractaire en prison

Modérément.

si

tnf A - dieu donc

ma bru - net - te, L’ob - jet de mes a-

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