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mours; Pour toi mon cœur sou * pi - re, Tant la nuit que le
jour, 0 ma fi-dèle a - mour.
Adieu donc, ma brunette (1) L’objet de mes amours.
Pour toi mon cœur soupire, Tant la nuit que le jour,
O ma fidèle amour !
On me prend, on me mène De prison en prison ;
On me charge de chaînes Sans savoir la raison, (bis)
Entre quatre murailles Me voilà bien réduit.
Trois petits brins de paille Pour me servir de lit. (bis) (2)
Brisez-moi donc ces chaînes, Cassez moi ces verrous !...
Ma petite mignonne (3)
Je t’aimerai toujours, (bis) (4)
Moi, je m’en vais en guerre (5)
On est bien malmené...
Au revoir, ma mignonne,
Après sept ans passés, (bis) (0)
— Si tu t’en vas en guerre, Pour(e) sept ans passés,
Je te jur’ ma parole Que je t’attend(e)rai. (bis)
— J’entends l’canon qui gronde Pour battre à l’étranger.
Adieu donc, ma mignonne, Jamais je n’te r’verrai. (bis).
— A la fin des campagnes,
Tu auras ton congé.
Tu reviendras en France,
Je te jur’ sur ma foi Que je t’épouserai.
(Gentil Martin , Saint-Martin , ISIOi.
\ anantes :
(1) Adieu donc, ma p’tit’ femme.
(Gilbert Thomas , Prémery)
(2) Je ne parle à personne,
Je suis sous le secret.
Je prends ce qu'on me donne Au travers d’un guichet.
(Prémery).
(3) Oh ! oui, ma bcll’, je l’aime.
(Ph. Berlier , Saint-Sul pice , 7807).
(4) Sou\ iens-loi donc, la belle,
Quand j’étais près de toi,
Que nous étions tranquilles,
A l'ombre de ces bois.
(Prémery).
(5) Quelf pein’ pour un cœur tendre De se voir enfermé!
(Saint- S al pice).
(6) L’aulr’ nuit j’ai fait un lève.
Qui me va fait’ mourir.
(Prémery).
GUERRE ET GARNISON
Une autre forme de cette chanson ( couplet de huit vers) se citante sur l'air donné paye 80 :
On me prend, on me mène De prison en prison,
On me charge de chaînes,
Sans savoir la raison.
Je suis entr’ quat’ murailles Dans un triste réduit ;
Je n’ai qu’un brin de paille Pour me servir de lit.
(Gilbert Thomas , Prémcnj, J 80 .).
Je termine ce petit chapitre par une requête des filles impatientes et désolées. Le suivant nous montrera les soldats , les « bon ’ amis » rentrant chez eux avec leur conyé.
La Visite à l’Empereur
Allegro non troppo.
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Nous au -très, jeu -nos fil - les, Faut sa - voir, oui ou
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non, Si nous res - te - rons fil - les, Ou si j’nous ma - rie- rons.
Nous autres, jeunes filles,
Faut savoir, oui ou non,
Si nous resterons filles Ou si j’nous marierons.
— Pour savoir ça, mes filles (1) Faut aller à Paris,
Demander à l’Empereur
Qu’il rend’ vos bon’amis.
— Bien l’bonjour. l’Empereur (2) Bonjour vous soit donné !
Nous vous prions d’bonn’ grâce D’nous rendr’ nos bien-aimés.
— Quand la paix sera faite (3)
Et les combats finis,
J’ vous renverrai, mes filles, Chacun’ vos bon’amis.
— Quand la paix sera faite Et les combats finis, Pourrons-nous encor plaire A tous nos bon’amis ?
Notre aimable jeunesse Ne sera plus sur nous.
Ils iront voir les jeunes En se moquant de nous.
(Veuve Carroué , Miirlin , 1833).
(1) Pour savoir ça, mes filles,
A Paris faut aller.
Vers nof grand Empereur ; C’est lui qu’les a emmenés.
(2) — Bien fhonjour, l’Empereur, Dites-nous. oui ou non,
Si nous resterons filles Ou si j'nous marierons.
Variantes :
(3) — Allez- vous-en, mes filles,
Allez chacun’ chez vous.
Quand la paix sera faite,
Vous les reverrez Ions.
[Fhil. Berlier , Saint-Sulpice , 1807).
SL’ J ETS FAMILIERS — PETITES AVENTCRES
Compagnon d’armée, (1)
Je suis dégagé,
J’ai mon congé, je te fais mes adieux.
J’ai dix campagn’ desur le dos,
Il est bien temps qu’on me donne campo Que tout chacun en fasse autant,
Que tout chacun en fasse tout autant !
Mais tout en passant :
— Bonsoir, bonnes gens !
Logerez-vous militaire en passant ?
Sa mèr’ lui répond poliment :
Entrez, beau soldat, vous serez content. Vous aurez le lit de mon fils (2)
Qui est maintenant face à l’ennemi. (3)
Variantes :
(1) Je pars à l’instant,
Je vais battre aux champs ;
Mon père et ma mèr* seront bien contents.
Ils n’avaient que moi de garçon,
Ils me croient bien mort au feu du canon,
^ En leur demandant logement,
( Je vais leur demander log’ment.
Je vais les surprendre agréablement.
[Jeanne Ltiet , veuve Monlaron , Luzy, 1802).
Adieu les tambours,
Enfin pour toujours !
Je vas rejoindre mes tendres amours.
J’ai mon congé Grâce à la paix.
Non, plus jamais, sous le drapeau français,
Je n’voyag’rai du midi au nord,
Affrontant le sort Et bravant la mort.
( Marie Colas , veuve Goby, Beaulieu , 1815).
(2) Vous couch’rez dans le lit d'mon fils.
[Louise Goux , veuve Sourdcau, Nolay , 1810 ).
(3) Qui fait maintenant face aux ennemis.
CHANSONS ANECDOTIQUES
— Mais dans quel pays (1)
Est-il votre fils ?
Est-il en All’magne ou bien dans l’Italie ?
Sa mère lui répond : — Hélas ! (2)
Peut-être il est mort au feu du combat ;
Depuis qu’il est au régiment,
Nous ne savons s’il est mort ou vivant.
— Calmez vos pleurs,
Apaisez vos douleurs.
Gardez l’espoir au fond de votre cœur.
Dans l’moment qu’vous n’y pens’rez pas,
Ma bonne mèr’, votre fils reviendra.
Que ce jour-là vous sera doux !
Peut-êt’ qu’il n’est pas bien éloigné d’vous
— Mais en vous voyant,
Oui, bien sûrement,
En vous voyant, je crois voir mon enfant.
Oui, je vous jur’ desur ma foi,
En vous voyant, je crois voir son portrait. (3)
Oui, tous mes pleurs sont superflus ;
Vous êtes mon fils, je n’en doute plus.
— Oui, ma cher’ maman,
Je suis votre enfant.
Venez dans mes bras, mon cœur est content J’ai bien des blessur’ sur le dos,
J’ai cru souvent qu’ c’était Pcoup de la mort.
Mais maintenant j’suis tout à vous ;
J’ai mon congé : réjouissons-nous !
Apportez du pain (4)
Apportez du vin
lUivons, chantons, passons notre chagrin !
Je reviens couvert de lauriers,
Je vais enfin épouser ma Babet — Buvons pour fêter en ce jour,
Not’ garçon que voilà de retour !
( Françoise Gillot , femme Mcnot, Montsauche , 182.).
Variantes :
(1) En avez-vous des nouvell’ de vot* fils.
(Marie Colas).
(2) Mon beau monsieur, nous l'savons pas.
Peut-êlre bien qu’il est mort au combat.
Voilà sept ans qu’il est parti,
Noir’ cher enfant n’nous a jamais écrit.
(3) Mon cher monsieur, je n'erois pas me tromper.
(François fioumier , Arlhel , i84.).
(D A tire larigot, buvons à pleins bras.
SUJETS FAMILIERS — PETITES AVENTURES
La variante qui suit ne diffère musicalement que pour le début :
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A - dieu, mes ca - ma - ra - des d’ar - niée.
Adieu, mes camarades d'armée,
Je vais partir avecque mon congé.
Après dix ans d’campagn’ passées, J’crois qu’il est temps de se retirer.
Que chacun fasse autant que moi, Vive la nation et vive la loi !
Tout en marchant, je suis arrivé,
De chez mon pèr’, ma mèr\ bien affligés.
Ils n’avaient rien que moi d’enfant,
Me croyaient mort depuis longtemps.
Mais le bon Dieu m’a conservé,
De mes deux bras, je pourrai m’soulager.
— Bien le bonjour, les braves gens,
Logerez-vous militaire en passant ?
— Mon beau monsieur, entrez céans,
Asseyez-vous là un instant
Vous coucherez dedans le lit De notre fils qu’est à l’armée aussi.
— De quelle armée est votre fils ?
Est-il du Rhin ou bien de l'Italie ?
— Oh ! monsieur, nous ne savons pas S’il est mort dedans les combats,
Car voilà longtemps, bien longtemps Qu’il n’a écrit, notre cher enfant.
Mais pour souper approchez-vous,
Approchez-vous et faites comme nous.
— Son pèr’ lui dit, tout en soupant :
Si je voyais ici mon enfant,
Et qu’il soit aussi bien portant
Que je vous vois près de moi ci-présent !
Sa mèr’ l’ayant bien examiné,
Lui dit : Vraiment je n’crois pas me tromper.
Oui, vous devez êtr’ notre fils :
Plus j’vous vois, plus j’crois qu’c’est lui.
Je vous en prie, n’nous trompez pas.
Mais tirez-nous de ce grand embarras.
— Oui, cher papa, oui, chèr’ maman,
Buvons un coup et soyons tous contents.
A la santé d’ma Lisabet
Qu’voilà longtemps qu’j’ai tant aimée !
Si elle a su m’garder son cœur.
Je l’épous’rai, parole de Francœur !
( François Yillain, Suilly-la-Tour , ISIS).
2e VOL
CHANSONS AfcECDOTlQÜËS
Autre forme de cette chanson , sur quatre vers.
A llegro moderato .
Mon pèr’ n'a - vait que moi de gar - çon, Me cro-yait bien
mort au feu du ca.- non. Je m’en vais lui de-man-der lo - ge-
ment, Jvais le sur-prendrea - gré - a - ble - ment.
Mon pèr’ n'avait que moi de garçon, Me croyait bien mort au feu du canon.
Je m’en vais lui demander logement, J’vais le surprendre agréablement.
Etc.
[François Roumier, Arthel, J 84.).