K "II
plore, ail’ s’y lor
(lier.
Allc
men - le
venlr’ qui rau go
men - le. lié - las! la
— y- — y — libelle a tant plo-
-og — I —
ré De son jo - li gucr-na- dier.
C 1 1 A N SON SAN KG D OTIQ l J IiS
En N’vers la jolie ville Y a-t-enn’ jolie fille ;
AH’ s’est laissée amuser Par un joli guernadier.
Aile y plore, ail’ si lormente De voir son ventr’ qui raugornente ; Hélas ! la belle a tant ploré De son joli guernadier.
Sa mée que vint li die :
— Que plorez-vous, ma fille ?
Qu’avez-vous à tant plorer,
Mais à tant vous chagriner ?
— Si jq plor’, c’est d’inquiétude,
Je seus enne fille pardue,
Di voir partir mon cher amant, Etant enceinte d’enfant
— Ne plore point, ma fille.
Je sons des gens(cs) riches,
Car demain je partirai Pour avoir(e) son congé.
Le lend’main, envec Rosette,
S'en va trouver son capitaine.
Coume enne femme ben désolée, Devant li s’est présentée.
— Qu’avez-vous, tout en larmes ?
Quoi donc que vous eccable ?
Vout’ fille a-t-i des amants Dans nout’ joli régiment ?
I nous faut toujours des femmes Pour y metter dans nos campagnes, Je vous le fée demander.
— Abélard le guernadier.
— Voici le sergent d garde Va die à l’Abélar(e) :
— Abélard, vins promptement,
Ton capitaine i t’attend.
— Me v’iîï donc, mon capitaine,
Y a-t-i pourmoué queq’chou’ de peine Moue, que je seus dépuis huit ans Dans ce joli régiment ?
— Hé ! dis-moué donc, Bélar(e),
Te counais-ti c’te femme ?
Sa fille t’as amusé,
I’te faut donc l’épouser.
— Oh ! non, non, mon capitaine, Vous voyez ben qu’allé est trop laide J’aim’rais cent loués mieux mourir Que d’vouloir y consentir !
— T’as ben raison, Bélar(c),
Ma fille al est point belle,
Mais ma fille a de l’argent,
V’ià ses meilleurs agréments.
Cinq cents louis seront pour elle,
Ça vaut-i pas enn’ fille belle ?
Te seras petit marchand,
Te gangn'ras ben de l’argent.
— Si vout’ fille al est riche,
Mettez l’enfant en nourrice.
Si vout’ fille a tant d’argent.
Ça s’ra pour nourrir l’enfant.
Quoué qu’on dirait d’ma parsoune, En voyant en’ aussi bel hou me
Et enn’ fernm' si mal b;\tie ?
Ça s’rait trop mal accompli.
( Anne Boizol , veuve Bernard, Yarennes-les-Xevers , 18t0).
SUJETS FAMILIERS
PETITES AVENTURES