I, SS
mis l’a-mour en té - le, Pour un jeun’ gar - çon jar - di - nier.
.le vais vous raconter un tour (1)
On en parlera plus d’un jour.
C’est deux fill’ de notre village,
Toutes les deux à marier,
Eli’ se sont mis l’amour en tète Pour un jeun’ garçon jardinier.
La plus jeune dit : Par ma foi, N’espère rien, y a rien pour toi.
L’autre des jours, desur l'herbette,
Le soir, en m’allant promener,
Il m’a d’mandé mon cœur volage,
Je ne lui ai pas refusé.
— Tu me fais là un compliment !
Et moi, j’en ai fait tout autant.
L’autre des jours, desur l’herbette,
Je suis tombée malheureus’ment.
Et je vois bien que ma ceinture Devient étroite par devant.
Tout en disant ces vérités,
Se sont mis la main aii collet ;
Se sont déchiré leurs coiffures ;
Ont arraché leurs blancs mouchoirs; EU’ se sont fait double blessure.
Chacun se gène pour les voir.
Comme ell’ faisaient ce carillon, (2) il vient à passer, leur mignon Il s’est mis entre l’une et l’autre :
-- Pourquoi donc vous disputez-vous Vous ne m’aurez, ni l’un’, ni l’autre ; Cherchez ailleurs un autre époux.
Cell’ qui croyait si bien dTavoir,
En est tombée au désespoir.
L’autre était contente et bien aise, Quoiqu’elle fût du même affront.
EU’ resteront, l’un’ comme l’autre, Avec chacune un p’tit poupon.
Variantes :
(1) Venez entendre un drôf de tour,
On en parlera plus d'un jour.
Et c’était deux jeunes fillettes Qui parlaient d’ieurs amoureux.
Mais, par ma fol, je crois bien comprendre Queir n’en ont qu'un pour tout’ les deux.
(2) Le beau galant passant par là,
Il entendit tout ce bruit-là.
(M. (.i venin y veuve Joly , Murlin , ISO.).