Espoir de toute créature
Paix du monde, amour des élus, Du fond de ma prison obscure, Je t'invoque, divin Jésus !
0 daigne, céleste lumière, Luire dans la nuit de mon cœur !
Je suis seul ; ma peine est amère, Et n'a point de consolateur.
2. Il me souvient des jours tranquilles Où, sous ta garde et sous tes yçux, Je m'avançais à pas dociles
Au but que tu montrais des cieux.
Tout m'était doux, facile, aimable, Car tout ce qu'à mon cœur gagné Demandait ta loi respectable, D'avance je l'avais donné.
3. Tous les dons que ta main dispense, Us auraient pu tarir pour moi :
Au plus profond de l'indigence Je n'aurais pas douté de toi.
Seul délaissé dans la nature, Seul privé du bonheur de tous, Courbant la tête sans murmure, J'aurais été fier de tes coups.
À. Quand j'aurais vu la solitude Croître et s'étendre autour de moi, Isolé dans la multitude, Mon cœur n'eût pas douté de toi.
Ta présence, Être que j'adore !
Ton amour peuplait mes déserts ; Un ami me restait encore A tous les coins de l'univers.
5. Soleil de mes belles journées, Astre lumineux de mes nuits, Ainsi s'éclairaient mes années Des feux sacrés dont tu reluis.
Dans l'abîme plein de mystère Où le passé fuit jour à jour, Jour à jour jetant ma misère, Je marchais conduit par l'amour.
6. 0 Frère! 6 Dieu de mon enfance, Je t'ai repoussé loin de moi ; Pauvre étranger en ta présence, Je ne suis rien, plus rien pour toi.
Je languis au désert du monde Sans guide, sans foi, sans espoir; Mon bonheur a fui comme l'onde, Et mon matin ressemble au soir.