Devant ta majesté divine Mon cœur humilié s'incline
Aux dangers du jour arraché, Mille dangers, jusqu'à l'aurore.
Peuvent me tourmenter encore, Et m'abîmer dans le péché.
5. Pourrais-je, dans ces heures sombres, Où la nuit nous jette ses ombres Comme, des vêtemens de deuil , Oublier le Saint et le Juste,
Qui, sur son tribunal auguste, M'attend au-delà du cercueil?
6. En présence de ces ténèbres , Assiégé d'images funèbres, De fantômes environné, Frappé de ce triste silence,
Sans raison, sans foi, sans prudence, Que je me sens faible et borné !
7. Si tu créas le jour sans ombre, Tu créas aussi la nuit sombre, Comme lui riche de tes dons.
La nuit fait parler ta voix sainte Pour nous pénétrer de ta crainte, Et du besoin de tes pardons.