Me voici donc, ô Dieu que j'aime
Implorant la bonté suprême Dans les mystères de la nuit ;
Me voici, faible et solitaire, Appelant ta main tutélaire, Qui me rassure et me conduit.
9. Des sens et du jour séparée, Aux secrets du sommeil livrée, Mon âme éteindra son flambeau , Et mon corps, comme elle paisible, Pressera la couche insensible
Qui le doit livrer au tombeau.
10. Veille pour moi quand je sommeille ; Si mon âme à demi s'éveille
En proie aux songes mensongers, Garde-la de t'être infidèle, Et daigne alors prendre soin d'elle Par des songes purs et légers!
1 1 . Que muet et sourd sur ma couche, J'aie encor ton nom à la bouche Dans les profondeurs du sommeil ; Et que ce saint nom que j'adore, Seigneur! soit le premier encore Que je retrouve à mon réveil!
12. J'abandonne ainsi tout mon être An Dieu qui découvre et pénètre Les secrets de l'obscurité.
Ta grâce sur moi se déploie En trésors de paix et de joie, D'innocence et de vérité.
13. Loin des objets de ma tendresse, Bannis les dangers qui sans cesse Nous cherchent la nuit et le jour :
Viens sous le toit de nos demeures Avec le sommeil sur nos heures Verser la paix de ton amour.
14. Que cette nuit touche et console Ceux qui méditent ta Parole, Les pauvres et les affligés; Qu'elle soit douce à la souffrance; Qu'elle ouvre un long champ d'espérance Aux captifs de chaînes chargés.