Il est, pour le cœur, un amour
Amour qui remplirait la vie, Amour vainqueur qui sans retour Affranchirait l'âme asservie.
Mais, ô Toi qui devrais charmer Toutes les puissances de l'être,
O notre Père, 6 notre Maître, Qu'il est malaisé de t'ai mer !
8. Au dégoût qui flétrit nos jours, A l'ennui qui glace notre âme, Du plus généreux des amours Comment s'allumerait la flamme ?
Quand on a laissé consumer Dans les feux d'un autel impie Toutes les forces de sa vie , Est-il facile de t'aimer ?
9. Oh! dans les profondeurs îles cieux Abri sûr, mais inaccessible, Amour qui se montre à nos yeux, Nécessaire, mais impossible, Cœur qui ne peut monter à Dieu, Qui ne peut retourner au monde!
Tourment que l'âme vagabonde
Porte en tout temps, traîne en tout lieu!
10. Qui m'apprendra, Dieu bienfaisant, A t'ai mer, si ce n'est toi-même?
Quel autre, d'un mot tout-puissant Levant un fatal anathème, Comblera le vide cruel
Par qui, malgré tes soins propices, L'éternité dans les délices Serait un supplice éternel?
1 1 . Sois béni ; car tu Tas comblé, L'abîme où mon âme angoissée Plongeait un regard désolé Sans y rencontrer ta pensée.
Dieu caché ! tu m'as prévenu :
On ne vit point sans te connaître; Mais qui te connaît doit renaître, Et maintenant je t'ai connu!
1 2. Sur tes attributs glorieux J'interrogeais mon ignorance ;
Je te cherchais au fond des cieux, Dans mes pense rs..'. Vaine espérance Puis l'orage s'est élevé, La foudre a grondé sur ma tête ; Je t'ai cherché dans la tempête.. .
Mais là je ne t'ai point trouvé.
13. Comme une lueur qui s'enfuit, Comme une image vague et sombre, Tour à tour sortant de la nuit,
Et tour à tour rentrant dans l'ombre, Tu paraissais sans te nommer, Ou te nommais d'un nom funeste; Et je n'ai pu, Père céleste, Ni te connaître, ni t'aimer.
1 4 . Sois béni *, ton Fils est venu :
J'ai lu ton nom, j'ai vu ta gloire;
Et dans ce désert triste et nu, Retentissant de ta victoire, J'ai va soudain tout s'animer, Tout revivre, tout reparaître; J'ai senti mon âme renaître, Je puis encor, je puis aimer !
15. Dans ton Bien-Aimé je te vois, Je te contemple, je t'adore,
Et pour moi, du haut de sa croix, Se lève une immortelle aurore.
A mes yeux luit un nouveau jour, Un sang nouveau coule en mes veines 0 Dieu puissant! tu me ramènes Par l'espérance vers l'amour!
16. Le soleil d'un printemps sans fin Se lève à l'âme qui t'adresse, Des pieds de son ami divin,
Le cri touchant de sa détresse.
Ta puissance y vient rallumer Un feu qui rajeunit son être, Et ta grâce lui fait connaître Qu'il est facile de t'aimer.
Cantique 125.
Sur Vair du Cantique □• 60, page 142.
i . Rendez à Dieu l'honneur suprême ; Car il est doux, il est clément, Et sa bonté, toujours la même, Dure perpétuellement.
Qu'Israël aujourd'hui s'accorde À chanter solennellement Que sa grande miséricorde Dure perpétuellement.
2. Que d'Aron la famille entière Vienne aussi chanter hautement Que sa clémence singulière Dure perpétuellement.
Que ceux qui vivent en sa crainte Soient prompts à publier comment Sa grâce, toujours pure et sainte, Dure perpétuellement.