Aussitôt que, dans ma détresse, Je recourus à sa bonté
Sa main, me tirant de la presse,
Me mit au large, en sûreté.
Le Tout -Puissant, qui m'entend plaindre,
M'exauce au pied de son autel.
Il est mon Dieu ! Qu'aurais-je à craindre
De l'effort de l'homme mortel?
4. Contre tous Dieu, que je révère, M'aide ainsi qu'il me l'a promis ; Et mes yeux verront sa colère Fondre sur mes fiers ennemis*
Il vaut mieux avoir espérance En l'Étemel qu'en l'homme vain; Il vaut mieux avoir confiance En Dieu qu'en nul pouvoir humain .
5. On vit leurs troupes animées M'environner de tous côtés ; Mais au nom du Dieu des armées Mon bras les a tous écartés.
Ils s'étaient rassemblés encore Cherchant à me faire mourir; Mais au nom du Dieu que j'adore, C'est moi qui les ai fait périr.
6. Comme un épais essaim d'abeilles Ils fondaient sur moi, ces hautains;
Ils «ont, par le Dieu des merveilles, Comme un feu d'épines éteints.
Cruel, qui me faisais la guerre, Tu m'avais vivement pressé ; Tu croyais me jeter par terre, Mais le Seigneur t'a renversé.
7 . Le Dieu fort est ma délivrance, C'est le sujet de mes discours ; Par mes chants de réjouissance Je le célèbre tous les jours.
Aux tentes de son peuple juste On loue, on chante le Dieu fort; Chacun dit que son bras robuste A fait un merveilleux effort.
8. De l'Éternel la main puissante S'est signalée à cette fois ;
C'est là ce que son peuple chante, Tout d'un cœur et tout d'une voix.
Me voilà donc, malgré l'envie, Des mains de la mort racheté ; Le Dieu fort m'a rendu la vie; Je célébrerai sa bonté !
9. S'il m'a plongé dans la souffrance, S'il m'a châtié rudement,
Il daigne aussi, dans sa clémence.
De ma mort retarder l'instant !
Qu'on m'ouvre ces portes si belles Du saint temple au Seigneur voué ; Et qu'en présence des fidèles Par moi son nom y soit loué.
10. Ces grandes portes somptueuses Sont les portes de notre Dieu ; Par elles les âmes pieuses Viendront adorer en ce lieu.
C'est là que d'une ardeur nouvelle Tout haut je veux le célébrer,
Puisque, dans ma douleur mortelle, Sa main a su me délivrer.
1 1 . La pierre qu'avaient méprisée Les conducteurs du bâtiment, A l'angle pour jamais posée En fait la force et l'ornement.
C'est sans doute une œuvre céleste Faite par le grand Dieu des cieux ; C'est un miracle manifeste
Qui vient éclater à nos yeux.
12. La voici l'heureuse journée Qui répond à notre désir ï Louons Dieu qui nous l'a donnée, Faisons-en tout notre plaisir.
Grand Dieu ? c'est à toi que je crie :
Garde ton oint et le soutiens.
Grand Dieu ! c'est toi seul que je prie ; Bénis ton peuple et le maintiens.
13. Béni soit qui, rempli de zèle, Au nom du Seigneur vient ici !
Vous, de sa maison sainte et belle, Nous vous bénissons tous aussi.
L'Éternel, qui nous est propice, Nous éclaire par sa faveur ; Menez le bœuf du sacrifice Jusques à l'autel du Seigneur.
14. Mon Dieu, c'est toi seul que j'honore ; Sans cesse je t'exalterai ;
Mon Dieu, c'est toi seul que j'adore ; Sans cesse je te bénirai.
Rendez à Dieu l'honneur suprême, Car il est doux , il est clément, Et sa bonté, toujours la même, Dure perpétuellement.
Canttquf 124.
Sur l'air du Cantique n° 19, page 38.