‹ Chants civils et religieuxChapitre 5 sur 25 · HYMNE AU SOLEIL · texte numérisé non relu

HYMNE AU SOLEIL

Salut , puissant globe de feu Qui donnes aux mortels la lumière et la vie ; Image la plus belle et la plus infinie De la gloire de Dieu ,

Brillant soleil , salut ! Nulle fête pompeuse

N'est comparable au spectacle divin

Que , sans jamais vieillir , ta face radieuse

Nous déroule chaque matin.

Aussitôt que l'aube vermeille Du monarque des airs annonce te retour , Par les bois et les monts , et les mers , tout s'éveille : Et la terre frissonne aux approches du jour.

Et le prince apparaît : d'abord son diadème Et ses rayons empreints d'une molle pMeur

AU SOLHIL. m

Puis, le sommet du front et la face dtauéme Dans toute ta splqndeur.

Et le voilà qui monte et qui toujours s'avance , Plus rouge qu'une meule au sortir du brasier , Semant l'Ame et la vie arec magnificence Aux moindres élément* de l'univers entier.

Le voilà, du plus haut de la voûte profonde Gomme un jeune chasseur qui prend un large essor ,

Perçant Falr et les bois , les montagnes et l'onde De mille flèches d'or.

Et voilà qu'à l'instant nulle bruits retentissent Au sein des airs , des plaines et des bois ; Tous les êtres vivans dans un concert unissent Leurs sifilemens, leurs cris, leurs plaintes et leurs voix.

Et des seins haletans, des humides poitrines , S'épanche à flots dorés une vaste clameur , Un torrent de soupirs et de notes divines Qui rejaillit au ciel en hymne de bonheur.

Et le ciel bleu devient un grand temple sonore , Où , devant le soleil comme un autel en feu ,

AU SOLBIL. U

La terre palpitante au souffle de l'aurore Bénit les bienfaits de son Dieu.

spectacle sublime ! ô scène magnifique Inconnue aux enfans de la triste cité , Et que l'herbe des monts et le chaume rustique Contemplent tous les jours dans leur humilité !

concert merveilleux ! ô vaste symphonie,

Où le moindre habitant de la terre et du ciel ,

La mouche ou le ciron , a sa part d'harmonie

Et son rôle pieux dans l'hyrime universel !

Heureux l'homme qui peut Mini btai qw la plante , Que la vague des mers et Vafceftu dea valkme, Saluer le retour de l'aube* rougissante , Et chanter le soleil et ses premiers rayons !

Heurçux celui qui peut à cette source uwwwe Retremper son courage et puiser 4e l'espoir » Pour porter plus gaîraent le faix de l'existence, £f marcher sans fléchir jusqu'au tomber du soir!

Heureux l'homme surtout qu'aucun remords n'altère! Et qui peut s'écrier dans un pieux émoi :

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