‹ Chants du paysan (volume 2)Chapitre 12 sur 22 · SENTIER · texte numérisé non relu

SENTIER

Et moi je ne veux pas sans être sûr qu'on m'aime Enchaîner à jamais ma jeune liberté.

ila liberté, je crois, s'enchaînerait de même, ¥A mon amour exige aussi sa sûreté.

Quand tu serais ma mie avant d'être ma femme, Vraiment le beau malheur !...

Le beau bonheur vraiment.

Dont le seul souvenir deviendrait un long blâme ! Non ! je te veux pour homme et non pas pour amant. Mes enfants, si j'en ai, naîtront à la bonne heure. Sans que j'aie à rougir d'aucun mauvais propos. Femme qui n'entre pas front haut dans sa demeure. En voit sortir la joie et s'enfuir le repos.

LUI

Peut-être as-tu raison ?

56 CHA^TSDUPAYSAN.

ELLE

« Peut-être » oses-tu dire ?

Tu no m'écoutes guère ou ne me comprends pas.

LDI.

M'aimes-tu seulement ?

ELLE

Ce doute est encor pire.

LUI

Dis-le-moi de plus pivs et dis-le-inoi tout bas.

ELLE

Adieu !

Non, non ! Écoute avant que tu t'en ailles. Puisque ton père est là, dis-lui que dès demain J'irai chez vous chercher mon baiser d'accordailles. Passe ta route, enfant ! Tu suis le droit chemin.

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