‹ Chants du soir [microforme]Chapitre 32 sur 34 · L'HOTEL-DE-VILLE · texte numérisé non relu

L'HOTEL-DE-VILLE

Poème lu le jour de son inauguration | ’HOTEL-DE-VILLE n’est pas vieux ; Tout de même il a son histoire Intéressante que je veux

Rappeler à votre mémoire.

On a souvent parlé de lui ; Il fut célèbre avant de naître, Mais, c'est à vrai dire aujourd’hui

Qu'il se fait brillamment connaître.

Yi

Il fut avant d'être construit Connu dix milles à la ronde....., Rarement on fait tant de bruit

Avant d'arriver en ce monde.

Partout commenté, discuté, Passant d'épreuves en épreuves, Il finit par être voté

Grâce à l’appoint de douze veuves.

Voter pour lui c'était leur droit, Même un devoir de conscience ; N'est-ce pas aux femmes qu’on doit

Le doux bienfait de l'existence ?

Le vote est pris ; ce n’est pas tout ; Le choix du site reste à faire.

Chaque électeur tient pour son bout

Et veut en faire son affaire.

Chacun tire de son côté.

Chacun veut l’avoir à sa porte...

Eufin le £ort en est jeté,

C’est Saint-Lazare qui l’emporte.

O Saint-Lazare, humble quartier Qui sors enfin de ta nuit blanche, Tu peux lever un front altier,

Car c’est le jour de ta revanche.

Et toi que l’on disait si loin, Pour compléter ce qui te manque, Au risque de froisser le coin

Tu rêves la Poste et la Banque.

Et quand la chose arrivera,

Coup du destin plus que bizarre,

De gré, de force, il nous faudra

Nous annexer à St-Lazare.

Car, tout nous laissant tour à tour, Poste, banque et l’hôtel-de-ville, Nous ne serons plus qu’un faubourg ;

Saint-Lazarre sera la ville.

En attendant l'événement Qu'un proche avenir nous réserve, Devons-nous souhaiter vraiment

Que jusque-là Dieu nous conserve ?

C’est bien la seule ambition Qui te reste, pauvre auditoire... Mais trève à la d'ression,

Et reverons à notre histoire,

Le site choisi, reste encor Où placer le vaste édifice ; Pas un sur ce point n’est d'accord,

Chacun le place à son caprice.

A quatre-vingts pieds du chemin Sera-t-il ou bien à soixante ?

Question remise à demain

Car elle est très embarrassante.

Enfin après bien des tracas Lorsque la bâtisse s'achève On la toise du haut en bas

Et la discussion s'élève.

A propos de tout ou de rien

On vient trouver monsieur le maire ; Ce toit plat ne mine pas bien,

Ces perrons ont l’air trop sévère.

Les chassis de ce bâtiment Ne sont-ils pas trop étroits ? Dame !

Si vou voulez absolument

Y nicher un hippopotame.

On critique sans se lasser

Et mille propos font la ronde.

Tout serait à recommencer

S'il fallait croire tout le monde.

Mais le maire dans tout ceci À dû faire beaucoup de bile..…..

Du tout, il n’avait qu’un souci

Terminer son hôtel de ville.

Heureusement que bon gerçon, Pour passer À travers la crise, I] leur donna toujours raison...

Sans rien changer à l’entreprise.

Maintenant que grâce à ses soins L'œuvre nous semble sans rep:oches Applaudissons bien fort... à moins

Que nos mains veillent sur nos poches.

Car croire que pour ces travaux Héon se contente de prunes, Tout ça c'est bun pour les cerveaux

Qui vont suivant le cours des lunes.

Puisqu'’il veut, sans être exigeant, Qu'on le paie en bonnes espèces

Aidez-nous donc de votre argent

En venant applaudir nos pièces.

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